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Stupéfiante flambée des prix à l’occasion de la fête du Mawlid Ennabaoui

Le marché en mode «pétard»

Le poulet a de nouveau «pris des ailes!». Il est cédé à 650 DA le kg, alors qu’il était affiché, il y a quelques jours à 500 DA le kg.

La tradition et le religieux font très bon ménage en Algérie. Les Algériens savent y faire et chaque région du pays amène sa «magie» et le tout forme un beau tableau. Le Mawlid Ennabaoui ne fait pas exception. Sauf que le tableau qu'offre la société en ces moments de recueillement et de fête contient une tache qui, à force de revenir annuellement, s'impose comme faisant partie du décor. Et pour cause, il est de «tradition» que la célébration de la naissance du prophète Mohammed (Qssl), s'accompagne d'une hausse vertigineuse des prix de tous les produits entrant dans la confection des plats traditionnels, marquant cet événement religieux. Ainsi, alors que les croyants consacrent leur soirée (d'hier) à l'invocation du Prophète (Qssl) et du message divin qu'il a transmis à l'humanité, les commerçants les précèdent de quelques jours en actionnant leurs propre invocation. Ce sont les dieux du marché à qui certains commerçants indélicats ont voué une fidélité, qui s'installe dans pas mal d'étals de la totalité des marchés du pays.
Les habitudes spéculatives ayant la vie dure, la flambée des prix spéciale Mawlid Ennabaoui était au rendez-vous, ces derniers temps et plus particulièrement, hier, le jour J qui réunis les familles autour du dîner. C'est le constat fait, hier, lors d'une virée effectuée au niveau des deux marchés de fruits et légumes implantés au niveau de la capitale, ceux de Birkhadem et Kouba. Nos correspondants aux quatre coins du pays ont confirmé cette tendance haussière. «Les prix des fruits et légumes vitaux sont hors de portée des petites bourses. Le dîner du Mouloud coûtera encore cher cette année.» C'est en ces termes que réplique la majorité des chefs de famille rencontrés dans les marchés de la capitale. Mais, pour l'écrasante majorité des citoyens interrogés, cette inflation ne les empêchera pas de perpétuer la tradition. «Malgré la cherté, je suis obligé d'acheter, à n'importe quel prix, afin de satisfaire mes enfants et conserver la tradition», s'est lamenté Mohamed, un père de famille, rencontré au niveau du marché de Kouba.
Mohamed ne croit pas si bien dire lorsqu'il s'élève contre cette sur-inflation subite. En effet, la courgette est cédée à 250 DA/kg et les navets sont affichés à 150 DA/kg. Ce sont là deux légumes qui ont leur «valeur» doublée à la bourse de la spéculation, en moins de 24 heures. Ainsi, les prix des denrées précitées sont repartis à la hausse, comparativement à ceux pratiqués il y a encore quelques jours. Le poulet, indissociable des tables algériennes lors de la célébration de la fête, a également connu une augmentation: il s'est affiché à 650 DA le kilo. Sans surprise, les prix des viandes rouges sont restés hauts. L'ovine s'est négociée à 1300 DA le kilo.
Quant aux fruits de saison, qui accompagnent logiquement les mets du Mawlid, ils ont suivi la tendance des légumes, malgré une forte impression d'abondance. Si l'automne est la saison la plus propice pour déguster les poires, celles-ci se vendent à des prix jugés «chers» aux yeux des acheteurs. Le prix du kilogramme a atteint, hier, les 250 dinars, alors qu'elles étaient proposées entre 100 et 140 dinars, il y a tout juste quelques jours. La pomme, qui était affichée à 160 et 180 dinars le kg, a grimpé à 350 dinars le kg. Les bananes, elles, sont restées à 300 DA le kilo.
Il reste, que le commerce s'enrichit, en cette période précise, par l'apparition d'étals spécifiques, proposant les pâtes traditionnelles qui, anciennement cuisinées par les mères de familles, sont proposées par des commerçants qui s'approvisionnent auprès de femmes au foyers, maîtrisant l'art de préparer la «rechta», «la trida», «le berkoukès», ou encore la «tchakhchoukha». Tous ces plats traditionnels, dont les prix augmentent, mais demeurent quelque peu raisonnables ont été, hier, les premiers produits à être pris d'assaut par les consommateurs. À 11 h du matin, il ne restait plus rien. Mais, signe des temps, il était, hier, en début d'après-midi, encore très possible d'en trouver sur Internet.
Notons enfin qu'en plus de cette inflation singulière, les pères de famille doivent gérer la pression des produits pyrotechniques qu'exercent leurs enfants. Là aussi, même si ces produits sont interdits de vente, ils ne font pas moins partie de la tradition. Et là aussi, les prix sont fous!

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