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Le moudjahid Abbas M'hamed, un parcours remarquable au service du pays

Doyen des Moudjahidine de Aïn Defla ayant pris part à la guerre de libération nationale, Abbas M'hamed, 91 ans, fait partie des étudiants ayant rejoint le maquis début avril 1956 à l'âge de 25 ans, en compagnie de 35 étudiants de la Wilaya IV historique, se donnant corps et âme pour la libération de son pays, puis à sa construction lors de la période post-indépendance.

Natif d'Alger, cet ex-condamné à mort qui était en prison avec le premier Président de la République post-indépendance, feu Ahmed Benbella, est un enseignant de mathématiques à la retraite et père de cinq enfants. Il se remémore les péripéties de son ralliement du maquis deux mois avant la grève des étudiants.

Après avoir pris la décision de laisser le banc des écoles pour monter au maquis, Abbas M’hamed en compagnie de 35 autres élèves de la région de Khémis Miliana, se rappelle avoir été accueilli par le colonel M’hamed Bougara dans la région de Amrouna (Théniet el Had).

"Je ne peux parler de la glorieuse révolution nationale sans m’empêcher d’évoquer nombre de mes compagnons au maquis à cette époque-là, à l'image, notamment, du Dr Ahmed Mesraoui, Abderrahmane Bellouni Mustapha Yaâgoubi et El Baghdadi Hchaïchi", dit-il avec grande émotion.

Avec Abdelkader Bessaâdi, un des martyrs de Khémis Miliana, Abass M’hamed coordonnait avec Souidani Boudjemaâ, Tayeb Al Aâlaoui, Tayeb El Farouzi (Miliana) et Kalkouli Hamdane (dont le nom a été donné à une école primaire à Khéimis Miliana, où a étudié le colonel M’hamed Bougara), pour lancer des assauts contre l’indu occupant.

"En 1956, nous avions mis en place la première cellule du FLN à Khémis Miliana", se rappelle-t-il, mettant en exergue l'importance accordée par les dirigeants d'alors au moudjahidine instruits.           

Ce nonagénaire comptant sept martyrs au sein de sa famille, lance un appel aux enfants du pays, particulièrement les jeunes, afin qu’ils fassent preuve de vigilance car, a-t-il dit "notre pays est visé".

"Je ne ferai preuve d’aucune originalité en disant que notre pays est visé, un état de fait qui nécessite de la part des enfants du pays, particulièrement les jeunes d’entre eux, la plus grande vigilance", a-t-il recommandé.

-Un parcours éducatif et scientifique des plus éloquents

Elève de Abbas M’hamed au CEM Ibn Badis de Khémis Miliana de 1978 à 1982, l’actuel enseignant au département d’histoire de l’université Djillali Bounaâma de Khémis Miliana, Dr Abderahmane Tounsi s’est, pour sa part, attardé sur l’aspect éducatif de l’illustre moudjahid.

"Le fait qu’il ait décroché son baccalauréat en 1953 est révélateur à plus d’un titre car, à cette époque-là, décrocher le sésame permettant de rallier l’université n’était guère une sinécure au regard aux conditions d’études extrêmement difficiles pour les indigènes, exacerbés par les faveurs accordés aux européens qui pouvaient préparer ce diplôme en toute sérénité avec tous les moyens imaginables mis à leur disposition", a-t-il observé.

Pour étayer ses dires, M.Tounsi a cité les archives du lycée Ferroukhi de Miliana, lesquelles, a-t-il fait remarquer, attestent "sans ambages" que Abbas M’hamed faisait partie des premiers lauréats du baccalauréat, surclassant nombre de fils de colons.

N’ayant pu poursuivre ses études à l’université, le moudjahid a, alors, décidé de se lancer dans l’enseignement, se voyant affecté après le déclenchement de la Révolution dans la région de Kef Lakhdar (Médéa).

Ayant remarqué son dévouement pour son travail et son désir ardent d’inculquer à ses élèves la science et le savoir, le gouverneur de cette région du centre du pays lui a demandé de ne leur rien apprendre, "juste les rudiments de la lecture et de l’écriture".

"Mais l’appel de la patrie était irrésistible, ne tardant pas à avoir un écho favorable de la part du moudjahid qui, s’inspirant de feu Zoheir Ihaddadène (ce dernier enseignait l’arabe à Miliana tout en encourageant ses élèves à monter au maquis), a décidé de prêter main forte aux moudjahidine.     

Après l’indépendance, il était devenu cadre au sein du comité central du parti du FLN, se consacrant exclusivement par la suite à l’enseignement (cycle moyen) des mathématiques.

"Ses pairs disaient de lui qu’il était l’un des meilleurs anciens de mathématique de la région, si ce n’est le meilleur", a témoigné M. Tounsi, décrivant un homme "affable", "cultivé" et "tolérant".

Et de conclure: "la jeune génération doit s’inspirer du parcours exemplaire de cet homme exceptionnel qui aime son pays jusqu'aux tripes".

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