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MOHAMED RAOURAOUA :

«Il faut mobiliser toutes les bonnes volontés pour sauver notre football»

Candidat au poste de président de la FAF dont l’élection aura lieu le 8 novembre, Mohamed Raouraoua a tout connu dans le foot: joueur, créateur d’un club, membre du bureau fédéral...

Aujourd´hui, il a décidé de se présenter non pas en sauveur, mais tout simplement pour apporter sa contribution au sauvetage du foot. Portrait.
Mohamed Raouraoua est bien ce qu´il paraît être: un passionné. Mais qu´on se comprenne bien: un passionné lucide qui ne laisse jamais la part de subjectivité prendre le pas sur la raison. Il a horreur des excès de toutes sortes. Pour lui, ce n´est pas celui qui crie le plus fort qui a raison, mais celui qui travaille humblement sur le terrain. Parce qu´il sait que le foot n´est pas une affaire de bons sentiments et de vociférations, mais d´actes concrets, de projets, de vision et de gestion. Le foot? Mohamed Raouraoua le taquine sans être dupe depuis qu´il était joueur dans un club de Soustara, puis membre fondateur de l´USSoustara avant d´être secrétaire général de l´USMAlger dans les années 70, et membre du bureau fédéral au milieu des années 80. Tenez, il a même fait partie de la fameuse commission chargée de la préparation de l´EN pour la Coupe du monde de 1986. Côté boulot, il suffit de rappeler qu´il a été pendant longtemps responsable de l´Anep, pour avoir une idée du gestionnaire qu´il est. Homme de tête, mais aussi de coeur (il avoue lui-même que sa conception du bonheur est de réaliser celui des autres), on est tenté de se dire, mais que gagne-t-il à se mettre dans ce qui ressemble à une sorte de traquenard? Réponse de l´intéressé: «Devant le marasme dans lequel se débat depuis plus de 10 ans le foot, je me suis dit que je pourrais peut-être apporter ma modeste contribution». Il ne se prend pas pour le sauveur qui va tout casser en promettant des lendemains qui chantent. Il pourrait dire à l´instar d´un illustre homme politique: «Je vous promets beaucoup de sueur...». La sueur des gens qui travaillent. Il sait que les maux qui rongent le foot sont multiples. «Il y a des facteurs endogènes et exogènes. Si on devait lister tout cela, c´est un bilan énorme. Il y a d´abord eu la phase du bénévolat, puis la réforme de 77 qui a introduit un semi-professionnalisme qui a donné des résultats, mais qui a fait partir les bénévoles en créant une classe de salariés. C´est le début de la non-gestion des clubs dans un cadre classique. Ensuite, il y a eu un désengagement total de l´Etat. Ce qui a ouvert la voie au vivotage. Et si les clubs ont survécu, c´est grâce à des gens qui sont encore là et qui se débrouillent comme ils peuvent. Il faut leur rendre hommage d´avoir permis aux jeunes de jouer au foot dans les années de tourmente.» Vous pensez qu´il va casser du sucre sur le dos de la fédération? Du tout, ce n´est pas son genre de tirer sur les ambulances. Plus surprenant encore, il lui rend hommage d´avoir qualifié l´Algérie pour la Coupe du monde. Merci pour Kezzal. Mais aussi il tire le chapeau à tous les présidents depuis Maouche. On l´aura compris, le futur candidat au poste de président de la FAF est un homme qui rassemble. Mais dans ce foot qui tourne de l´oeil, que peut-il rassembler justement? L´homme a l´enthousiasme du battant. Pour lui, rien n´est perdu. Tout est à faire. Comment? Il précise sa pensée: «Avec la mobilisation des bonnes volontés où qu´elles soient nous apporterons des politiques nouvelles et des réformes importantes. Mieux, il faut une véritable refondation qui commence à la base pour permettre aux gens de mieux travailler et récupérer les compétences qui sont parties. Aujourd´hui, pas un seul club n´a un centre de formation digne de ce nom, pas un seul centre de regroupement, de préparation et de récupération pour les équipes nationales. Où est le collège technique national? Où sont les pépinières de jeunes? Où jouent les juniors? Avouons-le, aucun effort n´est fait en direction des jeunes.» Pour Mohamed Raouaraoua, le foot, ce n´est pas seulement l´Algérie côtière, c´est aussi le pays profond. Il n´en revient pas d´un voyage qu´il a fait dans le Sud algérien. Il a vu une telle qualité de foot à Tamanrasset, Illizi et Hassi Messaoud, qu´il s´est dit qu´il y a encore des gisements à explorer. «Ce n´est pas un hasard si Beni Thour a gagné la Coupe d´Algérie.» A tous ces clubs, mais aussi à d´autres de l´élite, il faudrait offrir les infrastructures nécessaires. Notre interlocuteur insiste sur le fait que «la fédération doit être une force de propositions vis-à-vis des pouvoirs publics pour participer à l´élargissement des infrastructures et partant, de la discipline». Son credo? Une fédération forte et responsable pour hisser le foot national au niveau des meilleurs. D´abord africains, ensuite mondiaux. Excusez du peu. «Et la fédération ne doit s´occuper que de ses missions et laisser la gestion du championnat aux ligues...», observe-t-il. A la tête de l´Anep, impliquée à fond dans l´organisation de la CAN 90 à Alger, Mohamed Raouraoua a su tisser et étendre son réseau de relations internationales. Ses amis confient qu´il est proche des plus grands dirigeants mondiaux du foot.
Lui s´excuse presque de n´être l´ami intime que du seul Issa Hayatou, président de la CAF. Le candidat est un homme d´influence et d´amitié. Quand on se lie d´amitié avec lui, c´est pour la vie. Est-il sec? Est-il souple? C´est un homme de mesure. Il fait de la tempérance son mode de vie. Même ceux qui ne font pas spécialement partie de ses amis reconnaissent qu´il est un homme de compromis. Les ruptures brutales, ce n´est pas son style. Il a la culture du dialogue. «Il laisse toujours une porte de sortie à ses adversaires. Il ne les accule jamais», nous confie-t-on. Qu´est-ce qui fait le plus plaisir à Mohammed Raouraoua? «Faire du bien». On vous l´a dit: c´est un altruiste. A partir du 8 novembre, s´il est élu, il devra mettre aussi une autre de ses qualités à l´épreuve: la patience. Qualité salutaire dans un monde régi par l´impatience.

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