L'Expression

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62éme anniversaire du 11 décembre 1960

Un Diên Biên Phu psychologique

L'Algérie commémore, aujourd'hui, le 62e anniversaire des manifestations du 11décembre 1960, une des dates phares qui a signé la fin au mythe de l'Algérie française.

11 décembre 1960. La révolution algérienne entrait dans sa 7e année. Des manifestations pour l'indépendance éclatent à travers plusieurs grandes villes, Oran, Constantine, Annaba... Alger, notamment et ses quartiers populaires. Le Clos Salembier (El Madania actuellement, Diar El Mahçoul, Diar Essaâda, les hauteurs d'Alger s'embrasent. À Bab El Oued, El Harrach, Kouba, Bir Mourad Raïs, La Casbah...la colère monte. Des voitures sont incendiées, les commerces européens saccagés...On veut effacer toute trace de ce système odieux qui a opprimé, spolié le peuple algérien. Des femmes, des hommes et des enfants avides de liberté, ont battu le pavé pour porter une révolution exceptionnelle à bras-le-corps. L'emblème national sort d´on ne sait où. Une forêt de drapeaux a inondé les rues algériennes. La peur a changé de camp. Les slogans aussi. Aux cris des Européens qui scandaient «Algérie française» s'est substituée «l'Algérie algérienne» d'un peuple qui ne jurait plus que par la liberté, l'indépendance. Les Algériens ont rectifié le tir, réajusté l´histoire. La guerre battait son plein et le futur Etat indépendant se dirigeait inexorablement vers son destin. Tragique pour ses enfants ceux qui ont rêvé de l'indépendance qui ne la verront pas. Mais qui l'auront faite! 11 décembre 1960, au millier de manifestants en effervescence descendus de Diar El Mahçoul se sont joints spontanément des enfants. Ils avaient 10, 11, 12...ans. C'est une jeune fille qui est à la tête du cortège et qui exhibe l´emblème national. Un officier se précipite sur elle et le lui arrache des mains. Farid Maghraoui, qui s'est joint aux manifestants le reprend d'entre les mains du militaire français et s'envole avec l'étendard de la liberté, le portant triomphalement. Sa course est stoppée net par une rafale de mitraillette, il tournoie, tel un oiseau, enveloppé de l'emblème national, rendant son dernier souffle. Il n'avait que 10 ans. Évoquer le 11 décembre, c'est ouvrir à nouveau et sans cesse une douloureuse page d'histoire écrite de larmes et de sang. La célébration, demain, du 69e anniversaire des manifestations du 11 décembre offre l'opportunité d'honorer leur mémoire, leur combat contre un colonialisme barbare et sauvage qu'ils ont affronté les mains nues. Une leçon courage extraordinaire, unique, de dignité et de fierté. Les manifestations du 11 décembre 1960 ont traduit les efforts convergents de la lutte armée, des Algériennes et des Algériens avides de liberté, une révolution qu'ils ont portée à bras-le-corps pour porter à la face du monde une colonisation injuste et ses relents sournois. Celui d'un apartheid qui cachait mal son nom. Le 11 décembre 1960, une date clé de la guerre de libération qui signera la fin du mythe de l'Algérie française. Un évènement qui sera qualifié de «Diên Biên Phu psychologique» par le défunt Rédha Malek, ex-chef du gouvernement, témoin privilégié de la guerre de Libération nationale. La colonisation française trouvait sa raison d´être, sa raison d'exister et sa traduction réelle sur le terrain. Opprimer, acculturer, exproprier, humilier. Torturer, pour attester avoir le droit de vie ou de mort sur des femmes, des hommes, des enfants, filles et garçons de 10 ans tout juste. Le 11 décembre 1960, c'était écrit. Le sang devait couler ce jour-là et à flots. Les rues d'Alger, d'Oran, Annaba, Constantine, Blida... avaient soif de sang, du sang de leurs enfants. Ces damnés de la terre qui étaient devenus ivres de liberté et que ni les 130 années d´oppression ni les chars et encore moins les militaires armés jusqu'aux dents ne pouvaient arrêter.
Face à cette armada qui n'impressionnait plus, un peuple aux mains nues offrant les poitrines de ses enfants aux balles assassines aux cris de «Vive l'Algérie, «l'Algérie algérienne», «Tahya El Djazaïr»... Ils auront écrit une des plus belles pages de la révolution, tragique et émouvante... 

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