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Alors que Tizi Ouzou croule sous les ordures

Un centre de tri de déchets bloqué depuis 13 ans

Un promoteur algérien, installé en France, a voulu investir dans son pays natal dans un projet d'utilité publique. Il est passé de la joie à la dissolution. En raison, dit-il, de la bureaucratie...

L'histoire de Hallalou Abderrahmane résume à elle seule tous les maux de l'Algérie! Jeune était ce promoteur installé en France quand lui est venue l'idée d'investir dans son pays natal. Il ne l'est plus autant, aujourd'hui, mais ses ambitions n'ont pas pris une ride. «Tout a commencé le 19 décembre 2000 lorsque j'ai reçu un courrier du ministre délégué chargé de la Communauté nationale à l'étranger et de la coopération régionale, Monsieur Abdelaziz Ziari», incitant je cite: «l'élite intellectuelle algérienne établie à l'étranger, au développement du pays», raconte-t-il. Deux ans après, il décide d'effectuer un séjour en Algérie afin de tâter le terrain et cibler les opportunités d'affaires. «J'ai été surpris de voir que le pays souffrait d'un grand problème dans la gestion des déchets», souligne-t-il. Alors, il a jeté son dévolu sur le secteur environnemental. «J'ai ainsi fait plusieurs enquêtes de terrain, à savoir prises de photos et reportages filmés des dégâts causés par la non-gestion de la collecte des déchets et par conséquent une pollution visuelle et active», soutient-il précisant que ce travail de recherche lui a nécessité environ deux ans. Suite à quoi, il décide de développer un projet de centre de tri d'ordures ménagères. Un premier centre devait être ouvert dans une des wilayas les plus touchées par ce fléau, à savoir Tizi- Ouzou. Hallalou Abderrahmane prend contact avec les ministères concernés ainsi que les autorités locales de la wilaya de Tizi Ouzou. «Ils ont accueilli très favorablement ce projet d'utilité publique», rapporte cet investisseur. Il reçoit les assurances et les garanties nécessaires. «Me voilà donc rassuré et lancé corps et âme dans mon projet», souligne-t-il. «Je me suis ainsi lancé dans la rédaction d'un mémoire d'une centaine de pages valorisant les biens d'un tel projet et détaillant techniquement le cheminement de celui-ci, en incluant la participation des citoyens avec la rédaction de démarches de progrès pour les responsabiliser et agir efficacement dans cette entreprise collective», poursuit-il. Il remet son travail à la direction de l'environnement de Tizi Ouzou et obtient leur aval. Il dépose également ses travaux et une étude technico-économique au Calpi de la wilaya de Tizi Ouzou en décembre 2006 pour l'obtention d'un terrain d'investissement. «Au bout de 9 mois, une commission s'est réunie au service du Calpi et me donne un avis favorable. L'assiette foncière est localisée à Oued Falli, commune de Tizi Ouzou», atteste-t-il preuves à l'appui. Le terrain, situé dans une commune du chef-lieu de daïra, devait être cédé aux enchères restreintes, selon la réglementation en vigueur. À ce titre, il lui est demandé de bien vouloir se rapprocher de la direction des Domaines à l'effet de procéder à la finalisation de l'affectation du terrain. Son offre est retenue.
Le 15/01/2008, il obtient la concession d'un terrain domanial, en vue de la réalisation d'une unité de tri et de valorisation des déchets ménagers à Oued Falli dans la commune de Tizi Ouzou. La direction locale de l'environnement lui envoie un courrier pour lui demander d'entreprendre toutes les démarches nécessaires pour la concrétisation de ce projet. «Cet important projet, le premier du genre dans la wilaya, viendrait contribuer grandement à la résolution d'une partie de la problématique de gestion des déchets.
Ainsi, sur les 67 communes que compte la wilaya, des opportunités s'offrent à vous en matière de collecte et de traitement des déchets dont le gisement est estimé à 100 tonnes/jour», la direction de l'environnement le félicite dans un courrier, dont nous détenons une copie. Tout marchait comme sur des roulettes.
Le projet avançait bien. Hallalou Abderrahmane s'interrogeait même où est cette bureaucratie qui fait la réputation de l'administration algérienne? Mais il semble s'être réjoui trop tôt. Il n'était pas au bout de ses peines! «Tout tombe à l'eau à cause d'une décision de l'ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui a appliqué sur moi la fameuse ordonnance 08-04, qui n'était pourtant pas encore en vigueur à l'époque», indique-t-il. Cet entrepreneur entame alors une grande bataille judiciaire et administrative. Un combat qui dure depuis plus de 13 ans. Aujourd'hui, avec la nouvelle Algérie, l'espoir lui est revenu, «surtout que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tendu la main à la diaspora algérienne afin qu'elle vienne investir en Algérie», conclut-il, appelant les hautes autorités du pays à étudier son dossier.

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