L'Expression

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Il a affirmé soutenir les résolutions de l'ONU et le peuple sahraoui

Sanchez lâche Mohammed VI

Le Premier ministre espagnol enfonce un autre couteau dans le dos de l'accord conclu avec le Maroc.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez s'est fait remarquer à la 77e Assemblée générale de l'ONU par un ton très légaliste, en totale contradiction avec sa déclaration du mois de mars dernier sur la question du Sahara occidental. Avant-hier au siège de l'ONU, il n'était plus question de marocanité du Sahara occidental, ni de soutien à la solution au conflit préconisé par Rabat. De fait, point de plan d'autonomie. Même si dans son propos, Sanchez n'a pas proclamé ouvertement le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, il semblait enclin à assumer, même partiellement le statut de l'Espagne de puissance administrante du Sahara occidental, en raison d'en avoir été la puissance colonisatrice.
Ainsi, Pedro Sanchez a clairement exprimé le voeu de son pays en faveur d' «une solution politique mutuellement acceptable dans le cadre de la Charte des Nations unies et des résolutions du Conseil de sécurité». Cette phrase, du reste juste, efface le reniement dont il a fait montre et qui le sortait de la légalité internationale et du rôle de son pays dans le dossier du Sahara occidental. Mais ce mea culpa qui ne dit pas son nom n'est pas suffisant pour que l'Espagne revienne à la posture d'avant mars 2022. L'Algérie et bien d'autres nations attachées à la légalité internationale, attendent une déclaration plus proche de l'actualité du moment. Il ne s'agit pas de faire dans les généralités et laisser comprendre les uns et les autres ce qu'ils désirent. Mais cela n'empêche pas Sanchez de «piocher» dans des aspects qui font une certaine unanimité, à l'image du «travail fondamental de l'envoyé spécial de l'ONU», que Madrid dit soutenir. Lequel soutien est élargi à «la population sahraouie dans les camps comme elle l'a toujours fait, étant le principal donateur international d'aide humanitaire», souligne le Premier ministre espagnol qui enfonce un autre couteau dans le dos de l'accord conclu avec le Maroc.
Ainsi, après avoir perdu le soutien des Etats-Unis, de la France, de l'Union européenne et de nombreux pays africains, Rabat doit donc encaisser un lâchage en règle de son «meilleur ami» d'Europe.
Le lâchage espagnol était dans l'air, lorsque le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, affirmait mercredi dernier que la police espagnole avait fait un usage «proportionné» de la force lors de la tentative de près de 2 000 migrants de pénétrer dans l'enclave espagnole de Melilla qui a fait au moins 23 morts fin juin. «L'action de la Garde civile, avec l'appui de la police nationale, a bloqué l'entrée sur le territoire espagnol de la majorité des personnes et a permis de contenir l'attitude violente des assaillants grâce à l'emploi - et je dois le dire clairement - opportun et proportionné du matériel à leur dispositionon», a déclaré le ministre devant la Chambre des députés. Comprendre que l'Espagne désigne la police marocaine comme seule impliquée dans la mort des migrants. Des vidéos montrant des migrants gisant sur le sol qui étaient frappés par des agents marocains et pas espagnols, accablaient déjà le Makhzen.
Il faut dire, à ce propos, que le Makzen a très mal apprécié ce qu'on pourrait qualifier de revirement de l'Espagne à travers les personnes de son Premier ministre et de son ministre de l'Intérieur. Il n'y a pas que cela, puisque Rabat s'est senti obligé de refuser l'entrée en territoire marocain d'un groupe parlementaire de la gauche au Parlement européen. Ces députés se rendaient dans la ville de Nador pour enquêter sur la tragédie de Melilla.
Le groupe parlementaire a souligné qu'il continuera à utiliser tous les moyens officiels pour connaître la vérité. L'objectif général de la mission consiste à «déterminer les responsabilités des deux parties espagnole et marocaine, ainsi que celle de l'Union européenne, en rencontrant les rescapés, les témoins et les principaux acteurs». Empêcher les parlementaires d'investiguer cache la panique du Makhzen de voir éclater la vérité sur cette affaire. Enfin, il semble plus qu'évident que la diplomatie du chantage adoptée par le Maroc a tendance à se retourner contre lui. Dans le dossier du Sahara occidental, comme dans celui des migrants, Rabat a tout perdu...

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