L'Expression

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Menaces du maréchal Haftar à nos frontières avec la Libye

Les canons de l'intox

L'affaire est trop sérieuse pour qu'elle ne suscite pas une réaction prompte de l'Algérie, dont l'armée surveille comme du lait sur le feu, les 900 kilomètres de frontières qu'elle partage avec ce pays voisin.

L'information est devenue virale sur les réseaux sociaux. Depuis avant-hier, les canons de l'intox retentissent. Des médias libyens ont largement relayé l'information selon laquelle la milice du maréchal autoproclamé Khalifa Haftar aurait déclaré, samedi dernier, la frontière avec l'Algérie «zone militaire fermée». Ces mêmes médias ont précisé que cette milice a pris le contrôle du poste frontalier d'Issine qui se trouve près de la ville de Ghat et qui fait face au poste algérien de Tin Elkoum dans la wilaya de Djanet. Cette information est à prendre avec des pincettes. Il y a au moins trois éléments qui incitent à dire qu'il s'agit d'une opération d'intox et de manipulation à nos frontières. D'abord, l'affaire est trop sérieuse pour qu'elle ne suscite pas une réaction prompte de l'Algérie, dont l'armée surveille comme du lait sur le feu, les 900 kilomètres de frontières qu'elle partage avec ce pays voisin. Ensuite, le commandement de l'armée libyenne, basé à Tripoli n'a-t-il pas annoncé, il y a plusieurs semaines le gel de tout déplacement de convois militaires au Sud et toute activité militaire non autorisée? En mai dernier, le Conseil présidentiel avait mis en garde contre des «actions militaires unilatérales» qui «risquent de raviver le conflit et entraver le processus politique» dans le pays, sur fond de l'organisation d'une parade militaire par la milice de Haftar dans la ville de Benghazi (Est). Enfin, cette «information» coïncide avec l'annonce de réouverture hier, de la route côtière entre l'Est et l'Ouest, fermée depuis 2 ans pendant les combats. C'est le tronçon entre les villes de Misrata (Ouest) et Syrte (Nord-Centre), long de quelque 300 kilomètres, qui avait été fermé au début de l'offensive par laquelle le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est, avait tenté, sans succès, de conquérir la capitale, Tripoli, d'avril 2019 à juin 2020. Pourquoi alors cet empressement des médias libyens proches de Haftar à annoncer ce faux scoop et quel est le pays inspirateur de cette «opération»? Il s'agit également de savoir à quels plans et quel agenda obéit-elle? L'annonce de la réouverture prochaine du poste frontalier, pour la relance des activités économiques et commerciales entre la Libye et l'Algérie ne fait pas la joie des maîtres de Haftar. Valet dans un jeu de poker, le maréchal autoproclamé a toujours été une marionnette entre les mains des Emiratis, lesquels sont des alliés inconditionnels d'Israël. Le seul haut fait d'armes de Haftar est sa défaite cuisante face aux troupes tchadiennes qui l'ont capturé et remis à Hissène Habré qui l'a fait prisonnier. Il a été libéré par les Américains qui l'ont expédié en Virginie, pour un formatage militaire avant d'être réinjecté en Libye à la tête d'une milice.
Depuis la chute du régime d'El Gueddafi, Tripoli est devenue un véritable nid de l'espionnage international où tous les coups sont permis pour imposer sa solution à un pays qui subit les douloureux contrecoups de ces manipulations. Ainsi, on n'est pas au premier «ballon-sonde» lancé par ces officines employant le maréchal pour faire réagir l'Algérie à chaque fois que la Libye voisine amorce un grand virage.
En septembre 2018, Khalifa Haftar a fait le buzz avec sa sortie farfelue contre l'Algérie accusant son armée d' «incursions dans le territoire libyen», une manière pour lui de camoufler son échec d'avancer sur Tripoli.

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