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L'Institut d'Études politiques de Lyon décrypte l'événement

Les accords d'Évian et la fin de la guerre

La rencontre a été animée par le sociologue Lahouari Addi et Tahar Khalfoune, juriste affilié à l'université de Lyon.

C'était le 16 mars dernier que l'Institut d'Études politiques de Lyon en partenariat avec le Forum de solidarité euro-méditerranéenne (Forsem) avait organisé une conférence sur les accords de paix signés le 18 mars 1962 à Évian, dont le cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 mars à 12h00, par Krim Belkacem et Louis Joxe, représentant respectivement le Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA), mis en place en septembre 1958 au Caire, et le gouvernement français de Michel Debré.
Cette conférence a été animée par le sociologue Lahouari Addi et le juriste affilié à l'université de Lyon, Tahar Khalfoune. Intervenant en premier, Hélène Surrel, directrice de Sciences Po Lyon, a souhaité la bienvenue au public, remercié les deux intervenants et souligné tout l'intérêt du thème à la fois pour l'IEP et le public, avant de passer la parole aux conférenciers.
Tour à tour, ils ont mis l'accent sur l'importance politique de cet évènement historique qui a scellé, officiellement, la fin de la guerre d'Algérie qui a duré plus de 7 ans et d'une longue nuit coloniale de 132 ans. Ils ont rappelé la profondeur historique des liens entre les deux pays, l'Algérie et la France, la nature profondément injuste de la colonisation incarnée par le Code de l'indigénat et le refus de la citoyenneté aux indigènes musulmans, alors que les juifs et les Européens d'Algérie avaient pu y accéder par le décret Crémieux de 1870 pour les premiers et la loi de 1889, introduisant le double droit du sol, pour les seconds.
Aussi, ils ont rappelé que cet accord est l'aboutissement de plusieurs rencontres secrètes sans succès, tant en France qu'en Suisse et en Égypte... à commencer par celle de Melun (25-29 juin 1960), puis de Lucerne le 20 février et de Neuchâtel le 5 mars 1961, d'Évian les (20 mai-13 juin 1961), en passant par les rencontres de Lugrin (20-28 juillet 1961), de Bâle, (28 octobre, puis le 10 novembre rencontres qui connurent des avancées décisives) des Rousses (18 - 25 février 1962) jusqu'à l'ultime rencontre qui a eu lieu de nouveau à Évian du 7 au 18 mars 1962. Toutes ces rencontres ont préparé en quelque sorte l'accord final, et les ultimes négociations n'ont fait en vérité qu'entériner ce qui a été décidé quelques semaines auparavant, lors de la rencontre décisive des Rousses.
Il a été rappelé également que les négociations ne furent sérieusement envisagées qu'à partir du moment où, d'un côté, militairement les redoutables opérations du plan Challe (février 1959 - avril 1961) ont laminé les maquis de l'Armée de Libération nationale (ALN) de l'intérieur. Le Premier ministre, Michel Debré, avait déclaré à l'Assemblée nationale le 20 mars 1962 que «Ce cessez-le-feu ne pouvait pas être recherché tant que notre armée n'avait point assuré, d'une manière indiscutée, l'autorité de la France sur l'ensemble du territoire. Quand cela eut été fait, renouvelant des offres faites dès septembre 1958, le général de Gaulle, et avec lui le gouvernement, ont proposé aux chefs de la rébellion des pourparlers en vue d'un cessez-le-feu.».
Et de l'autre, le FLN a, politiquement, gagné en prestige sur le plan international; le GPRA et ses ministres ont réussi brillamment à internationaliser la question algérienne dans les instances internationales au premier rang l'ONU et à sensibiliser les grandes puissances, comme les États- Unis, la Chine, l'Inde, l'ex- URSS... et dont le point de départ de l'action diplomatique du FLN est incontestablement la conférence de Bandung d'avril 1955, en Indonésie, qui a rassemblé pour la première fois les représentants de 29 pays asiatiques et africains qui ont condamné la colonisation et soutenu les combats des peuples en lutte pour l'indépendance. Les conférenciers n'ont pas manqué d'évoquer certaines questions litigieuses qui ont longtemps retardé la conclusion d'un accord de paix, comme la souveraineté de l'Algérie sur le Sahara, le statut juridique des Français d'Algérie et leurs droits patrimoniaux.

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