L'Expression

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LÉGISLATIVES DU 10 MAI 2012

La donne politique modifiée

Les Algériens ont, certes, donné des sièges aux islamistes, ils ne leur en ont pas, cependant, donné suffisamment pour les installer dans la posture de gouverner.

Quarante-cinq partis! Ils étaient quarante-cinq partis à briguer un mandat dans la septième Assemblée nationale multipartite. A l'arrivée, une bonne majorité d'entre eux a été écrémée pour que ne subsistent que les formations ayant déjà fait leur preuve ou, à tout le moins, ayant une visibilité politique. Dans ce contexte, il était patent que les électeurs feraient encore plus confiance à des personnes qui - malgré leurs limites - avaient plus de chance de répondre aux besoins exprimés par la population, que de s'aventurer dans l'inconnu en confiant des responsabilités à des gens sortis du néant. Le nombre des formations politiques à s'être alignées dans la conquête de sièges à l'APN était en fait excessif et ne reflétait pas la réalité de l'espace politique national. D'où en fait la difficulté de parvenir à une décantation claire définissant les tendances fortes de la future Assemblée nationale.
Une Assemblée nationale cohérente, c'est en fait la garantie d'un mandat représentatif en phase avec l'évolution citoyenne, comme l'assurance d'une Assemblée nationale qui jouera pleinement son rôle constitutionnel. On a trop tendance à l'oublier, la Loi fondamentale du pays donne un pouvoir suffisamment étendu à l'Assemblée nationale, ce que l'APN sortante n'a pas su - pu ou voulu - (le) traduire concrètement dans les faits. Ce qui n'a pas manqué de décrédibiliser, voire délégitimer, les députés de l'Assemblée sortante. D'où l'importance, qui sans doute, n'a pas été convenablement soulignée, du choix des hommes appelés à siéger à l'APN. L'accent a certes été largement mis sur le fait crucial d'un vote massif, qui serait «déterminant» pour l'avenir du pays. Ce n'était pas suffisant dès lors que seuls 42,90% du corps électoral national (à l'intérieur et à l'extérieur du pays) avaient exercé leur droit de choisir les représentants qui auront demain à légiférer et à produire les texte normatifs (lois, décrets, arrêtés, ordonnances) du pays. On a donc focalisé sur le taux de participation, tant l'abstention, qui s'est élargie lors des derniers scrutins (communaux et législatifs notamment), a ravivé les craintes des responsables gouvernementaux et des partis politiques de se retrouver à nouveau face à une APN mal élue à la limite de la légitimité.
En fait, tout est relatif, singulièrement dans le contexte qui est celui de la région Maghreb-Monde arabe en général, de l'Algérie singulièrement. Aussi, un taux de 42,90% de participation peut - à la limite - être estimé comme étant une avancée par rapport au score calamiteux des législatives de 2007 ou 2002. En fait, lors des dix dernières années (deux mandats de l'APN) le temps (les vicissitudes?) avait largement modifié la donne: politique et environnementale notamment. L'irruption de l'islamisme dit «soft» a de fait bouleversé la donne politique maghrébine et arabe.
La déferlante «verte» chez nos voisins maghrébins, notamment, était appelée, estimaient les analystes, à déteindre sur l'Algérie. Il n'en a, finalement, rien été et le raz-de-marée islamiste annoncé n'a pas eu lieu. Faut-il mettre cela sur la «spécificité» algérienne? Sans doute, mais pas que cela. Analystes, observateurs et autres «spécialistes» de l'islamisme voyaient l'Algérie emboîter le pas à la Tunisie, le Maroc et l'Egypte en intronisant les islamistes au pouvoir.
Or, si les Algériens ont, certes, donné des sièges aux islamistes, ils ne leur en ont pas, cependant, donné suffisamment pour les installer dans la posture de gouverner. Et c'est cela au final l'importance du scrutin du 10 mai, qui relativise la poussée islamiste que d'aucuns voulaient uniforme. Mais les Algériens, qui ont eu à expérimenter la gouvernance islamiste dans les années 1990 (ils ont gouverné la majorité des communes en 90 et 92), étaient payés pour savoir ce qu'il en coûte. Dès lors, il n'est pas du tout étonnant que le FLN rafle la mise.
En fait, au regard du déficit de choix politique offert aux citoyens, les Algériens ont eu recours au «vote-refuge» que constitue pour de nombreux citoyens le FLN. Un vote émotionnel, certes (avec tout ce que le parti de la guerre de Libération exerce sur l'inconscient collectif national), mais, en tout état de cause, un vote du moindre mal - même s'il n'est pas totalement un vote de confiance - qui replace les choses à l'endroit. Ce qui est clair en revanche, est le rejet clair de l'islamisme politique qui a fait beaucoup de mal au pays lors des deux dernières décennies. L'Algérie a vécu le pouvoir islamiste. C'est celle-là toute la différence avec les pays arabes et explique pourquoi ledit «printemps arabe» n'a pas pris, ne pouvait prendre en Algérie. C'est du moins les premiers points qui peuvent être relevés du scrutin du 10 mai qui, quelque part, a clarifié la donne politique nationale en replaçant chacun à son niveau et à sa place.

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