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Ces affaires de corruption qui éclaboussent l'état

Jusqu'où ira la Justice?

Plusieurs dossiers liés à des affaires de corruption, au trafic d'influence, sont encore pendants au niveau de la justice.

En matière de corruption, difficile d'émouvoir le citoyen lambda, tant les histoires de blanchiment d'argent, de «tchipa» et caisses noires n'ont cessé de faire, quasi quotidiennement, la «Une» des journaux, ces dernières années. C'est donc peu dire que l'aveu de l'ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lui qui n'a cessé d'abreuver les Algériens de leçons de patriotisme, de sens de l'État et de l'esprit de sacrifice pour le pays, a provoqué une onde de choc. En lâchant un tel pavé dans la mare «judiciaire», aux conséquences multiples, en affirmant, devant un tribunal, avoir vendu pas moins d'une soixantaine de lingots d'or offerts par des émirs du Golfe au marché parallèle, Ahmed Ouyahia aura provoqué un «séisme» dans les arcanes de l'Etat. Loin de jouer dans le «spectaculaire» et maître des intrigues politiques, un tel aveu relevait,, à ce niveau de responsabilité, soit de la démence, soit d'une stratégie bien calculée. Dans les deux cas de figure, l'impact de son aveu aura l'effet d'un «séisme» dont l'onde de choc ne devrait pas tarder à se faire ressentir. En effet, Ahmed Ouyahia, au destin maîtrisé, a-t-il voulu donner une autre trajectoire à son procès? Tel est le noeud gordien de cet incroyable aveu. Selon les observateurs, Ahmed Ouyahia a voulu pousser la présidente de la cour à se jeter dans une sorte de nasse qu'il veut tendre à ses accusateurs. Un coup réussi! Son aveu fait les choux gras de la presse internationale. D'autant que les dispositions de la loi 01-06 relative à la lutte contre la corruption, punit tout responsable de l'Etat, qui «accepte directement ou indirectement d'une personne un cadeau ou tout indu avantage susceptible de pouvoir influer sur le traitement d'une procédure ou d'une transaction liée à ses fonctions». Des faits incriminant de hauts responsables de l'Etat. Après ces fracassantes révélations, la justice s'autosaisira-t-elle de l'affaire? Elargira-t-elle le champ des investigations «aux faits nouveaux rapportés» par l'ancien Premier ministre? À ce propos, souligne Me Ammar Khababa, dans une déclaration à un site arabophone, que les déclarations d'Ahmed Ouyahia pourraient conduire à l'ouverture d'un dossier judiciaire distinct des faits pour lesquels il est actuellement poursuivi, compte tenu de sa violation de la législation en vigueur, notamment s'il est avéré que ces «cadeaux» d'émirs du Golfe étaient offerts pour services rendus et à rendre, ouvrant la voie à des privilèges économiques ou politiques. Dans ce cas de figure, il devrait être poursuivi, encore, pour «trafic d'influence», «corruption» et «perception d'indus cadeaux». Des indus cadeaux qu'il n'est pas le seul à avoir reçus puisque la presse nationale fait état de plusieurs dossiers liés à la corruption qui sont en cours de finalisation. Tandis que d'autres liés à des affaires de corruption sont encore pendants au niveau de la Cour suprême. En effet, le procès de la réalisation de l'autoroute Est-Ouest, n'est pas allé en bout de course. Estimé, en 2006, pour un montant de 6 milliards de dollars, le projet a connu ensuite des réévaluations successives pour atteindre les 18 milliards de dollars. Cette affaire sera rejugée, le 21 janvier au niveau de la Cour suprême. Il en sera de même pour l'affaire Sonatrach, programmée pour être rejugée le 17 février 2021 par la cour d'Alger. Dans ce procès, une quinzaine de personnes et quatre sociétés étrangères seront entendues. D'autres dossiers sont également à prévoir. Les prochaines semaines risquent d'être chargées pour la justice, tant la liste des hommes d'affaires et responsables politiques, poursuivis ou incarcérés, est longue, pour leur implication dans diverses affaires de corruption. Une certitude, l'année 2021, à l'instar de sa précédente, sera chargée en révélations et...verdicts. Aux Premiers ministres et membres du gouvernement, aux hommes d'affaires, d'autres noms de P-DG d'entreprises devraient compléter cette liste, loin d'être exhaustive. Les prochains jours risquent d'être révélateurs des séquelles de la pandémie de la corruption. 

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