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Il était l'un des 24 détenus du printemps berbère

Djaffar Ouahioune ressuscité à Tassaft

Enseignant de mathématiques au lycée d'Ath Yanni, Djaffar Ouahioune a pris part à la lutte antiterroriste dans le cadre des groupes de patriotes.

Il y a 25 ans, le 10 mai 1997, Djaffar Ouahioune, figure de proue du combat identitaire et pour la démocratie en Algérie, a été assassiné par un groupe terroriste à Ath Yanni dans la wilaya de Tizi Ouzou, en compagnie d'un autre militant, Kamel Ait Hamouda. Avant-hier, un vibrant hommage leur a été rendu dans la région natale des regrettés martyrs de la démocratie, à l'initiative du comité de village de Tassaft et de l'Assemblée
populaire communale d'Iboudrarène. Des moments extrêmement émouvants ont été vécus à l'évocation de la mémoire et de souvenirs partagés avec les deux regrettés martyrs.Avant-hier, d'anciens compagnons de lutte, notamment dans les rangs du Mouvement culturel derbère, avaient les yeux embués de larmes quand il s'agissait d'apporter des témoignages sur les qualités humaines et l'engagement sans faille et sincère de Djaffar Ouahioune en faveur de la lutte pacifique pour la reconnaissance de la langue et la culture amazighes, menée bien avant l'ouverture démocratique de 1989, notamment dans le staff de la revue clandestine Tafsut, dont il était l'un des piliers. Dans un message rendu public à l'occasion de la commémoration du 25ème anniversaire de l'assassinat de Djaffar Ouahioune, Arezki Aboute, également détenu du printemps berbère, a rappelé qu'il a connu et côtoyé de nombreux militants de la cause amazighe, mais des militants comme Djaffar Ouahioune, «j'avoue, franchement, ne pas en avoir rencontré beaucoup».
«Une foi inébranlable dans la justesse de sa cause, un engagement sans faille, infatigable, au point où je me suis toujours posé la question de savoir d'où tirait-il une telle énergie...Et avec ça, il trouvait le temps pour étudier», ajoute Arezki Aboute.
L'hommage d'avant-hier s'est déroulé en présence de représentants de nombreuses organisations dont ceux de la Fondation Mustapha-Bacha et Amirouche, des élus de plusieurs communes de la région, d'une délégation composée de nombreux militants du Rassemblement pour la culture et la démocratie, etc.
Le regretté Djaffar Ouahioune a vu le jour en 1957 au village Tassaft Ouguemoun, également région natale du héros de la guerre d'indépendance Amirouche Ait Hamouda, du dramaturge Abdellah Mohia et de l'écrivain Chabane Ouahioune.
Le regretté a fait sa scolarité dans sa région avant d'aller à Constantine où il fréquenta le lycée des Pères blancs de Mansourah (lycée Tarik Ibn Ziyad actuellement). Ses premiers pas dans le combat identitaire, il les fit dès l'obtention de son baccalauréat, à l'université de Tizi Ouzou. Il a été l'un des acteurs de premier plan du printemps berbère de 1980. Djaffar Ouahioune fut l'un des membres fondateurs de la célèbre revue Tafsut. Il a participé à toutes les étapes du combat identitaire et démocratique et ce, du printemps berbère jusqu'à son assassinat en 1997. En plus du MCB, il a participé au lancement du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) fondé principalement par des militants de la cause berbère dont Mustapha Bacha, également originaire de Tassaft et ayant fait partie des 24 détenus du printemps amazigh. Enseignant de mathématiques au lycée d'Ath Yanni, Djaffar Ouahioune s'est même lancé dans la lutte antiterroriste dans le cadre des groupes de patriotes mis en place en Kabylie pour faire face aux assauts des groupes terroristes dans les villages. C'est dans l'enceinte même du lycée qu'il a été assassiné par cinq terroristes le 10 mai 1997.

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