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Pays pauvre du Sahel en proie aux violences terroristes

Dépourvu d’accès à la mer, le Burkina est frontalier de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Bénin, du Togo et du Ghana. Avec 21,5 millions d’habitants (Banque mondiale, 2021), il comprend une soixantaine d’ethnies dont les Mossi, majoritaires. 60% des habitants sont musulmans et près d’un quart chrétiens.

Thomas Sankara, «père de la révolution»
Ancienne colonie française, la Haute-Volta devient indépendante le 5 août 1960. En 1966, un soulèvement populaire renverse le premier président Maurice Yaméogo, avant sept coups d'Etat militaires successifs. En 1983, de jeunes officiers révolutionnaires prennent le pouvoir, dirigés par Thomas Sankara qui rebaptise le pays Burkina Faso («pays des hommes intègres»). Il tente de conduire son pays sur la voie du développement économique, mais sa politique est menée d'une main de fer. Le 15 octobre 1987, Blaise Compaoré prend le pouvoir lors d'un coup d'Etat lors duquel est tué le «père de la révolution». Renversé à son tour, il sera condamné par contumace à perpétuité en 2022 pour l'assassinat de Thomas Sankara, qui fait toujours l'objet d'un culte.

l 27 ans de pouvoir de Blaise Compaoré
En 1991, Blaise Compaoré rétablit le multipartisme, après onze ans de régime militaire. Il est élu président en 1991, réélu en 1998, 2005 et 2010. Le 31 octobre 2014, Blaise Compaoré est chassé par la rue pour avoir voulu modifier la Constitution et se maintenir au pouvoir. Il demandera «pardon» en 2022 au «peuple burkinabè» pour «les souffrances» endurées pendant ses 27 années au pouvoir. Le 29 novembre 2015, Roch Marc Christian Kaboré, longtemps baron du régime de Compaoré, est élu président, puis réélu en 2020. Il est renversé par un putsch le 24 janvier 2022. Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, nouvel homme fort du pays, engage un processus de transition qui doit durer jusqu'à l'été 2024. Il a été lui-même renversé vendredi par des militaires.

Attaques terroristes
Depuis 2015, le Burkina Faso connaît régulièrement des enlèvements et attaques perpétrés par des groupes terroristes, affiliés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique. Le 15 janvier 2016, un raid contre l'hôtel Splendid et le restaurant Cappuccino à Ouagadougou fait 30 morts, majoritairement des Occidentaux. L'attentat, le premier de ce type au Burkina, provoque un choc. Les violences terroristes, qui se sont intensifiées en 2019, entremêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait des milliers de morts et environ 2 millions de déplacés. Les forces de l'ordre semblent incapables d'enrayer cette violence. L'ancien président nigérien Mahamadou Issoufou, médiateur ouest-africain dans le cadre d'une transition, a estimé en juin que près de la moitié du territoire échappait au contrôle de l'Etat. La présence de la France, au Sahel depuis 2013 pour lutter contre les terroristes, suscite également un vent de contestation.

Or et insécurité alimentaire
Le Burkina figure parmi les pays les plus pauvres au monde (classé 184e sur 191 par le Pnud en 2021). Quelque 2,3 millions de personnes sont menacées par la crise alimentaire, un chiffre qui pourrait approcher les 3,5 millions pendant la période de soudure entre les récoltes, selon un rapport du ministère de l'Agriculture publié en mars. L'or a détrôné en 2009 le coton comme premier produit d'exportation. Le Burkina a produit 66,9 tonnes du précieux métal en 2021 et les recettes profitent des cours mondiaux élevés. Le secteur représentait 13,13% du PIB en 2019. Le marché du travail burkinabè est en pleine mutation. L'agriculture, qui représentait encore 80% des emplois en 2000, n'en concentre plus que 26%, tandis que les services sont passés de 13% à 50%, selon l'Organisation internationale du travail (OIT). Auparavant prisé des touristes, le pays est déserté par les Occidentaux en raison des attaques terroristes. Le Fespaco, principal festival de cinéma en Afrique, se tient tous les deux ans à Ouagadougou.

L'Union africaine condamne le putsch au Burkina Faso
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat, a condamné samedi «le changement inconstitutionnel de gouvernement» au Burkina Faso après le putsch militaire qui a chassé du pouvoir le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. «Le président appelle les militaires à stopper immédiatement et totalement tout acte de violences ou menaces contre la population civile, les libertés publiques, les droits humains», affirme l'UA dans un communiqué qui appelle à une restauration de l'ordre constitutionnel au plus tard en juillet 2023.

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