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Le Premier ministre s’interroge sur la loyauté de «certains partenaires»

Le Burkina sur les pas du Mali

Les manifestations de vendredi dernier contre la présence militaire française au Burkina Faso ont fait réagir le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, qui n'a pas écarté un départ des forces spéciales françaises basées dans ce pays, à un moment où la France dit mettre fin à son opération antiterroriste Barkhane dans la région sahélienne. «Il est évident que la révision de notre stratégie générale en Afrique interroge toutes les composantes de notre présence, y compris les forces spéciales», a-t-il ainsi estimé dans un entretien au Journal du Dimanche. Le contingent des forces spéciales Sabre, présent depuis de nombreuses années dans la région de Ouagadougou, «a eu un rôle clé, ces dernières années, dans la lutte contre le terrorisme au Sahel», considère le ministre français. Dernièrement, c'est le président Emmanuel Macron lui-même qui a annoncé la fin de Barkhane, dont le dispositif comptait 5500 soldats jusqu'en 2021 avant d'être réduit à 3000 pour l'ensemble de la région sahéiienne, à savoir le Burkina, le Niger et le Tchad mais ces effets d'annonce n'ont pas suffi à décrisper la situation ni à contenter les populations réfractaires à une présence qui, dix ans plus tard, est jugée improductive. Macron a dévoilé son intention de finaliser une nouvelle stratégie en Afrique pour y contrecarrer une influence hostile à l'ancienne puissance coloniale. Du coup, Sébastien Lecornu a signifié noir sur blanc que la France «travaille à une organisation du format de ses bases militaires existantes» qui «devront garder certaines capacités, pour protéger nos ressortissants, par exemple» mais aussi développer «la formation des armées locales». Et d'affirmer qu' « il n'est plus question de lutter contre le terrorisme à la place de nos partenaires, mais de le faire avec eux, à leurs côtés». Encore faudrait-il qu'ils le veuillent car la manifestation de vendredi à Ouagadougou fait écho à toutes celles qui ont agité, ces derniers mois, le Mali, le Burkina et même le Niger où Paris souhaite «conserver une présence militaire» forte car «sa déstabilisation aurait un impact épouvantable».
En somme, la future stratégie française va faire la part belle à la «formation des officiers et des sous-officiers des armées africaines».
Cependant, le Premier ministre burkinabè Apollinaire Kyelem de Tambèla qui a obtenu, samedi, la confiance de l'Assemblée législative de Transition, avec 64 voix pour, 4 voix contre et 1 abstention soit la majorité absolue, a encore secoué le cocotier dans sa Déclaration de politique générale. Il a critiqué vertement les «partenaires internationaux qui n'ont pas toujours été loyaux» dans la lutte antiterroriste que son pays sahélien mène depuis de nombreuses années. «Nous pensons, peut-être à tort, que certains partenaires n'ont pas toujours été loyaux», a observé Apollinaire Kyélem de Tembèla devant les députés, sans citer de pays. «Comment comprendre que le terrorisme gangrène notre pays depuis 2015, dans l'indifférence, si ce n'est avec la complicité de certains de nos prétendus partenaires? N'avons-nous pas été jusque-là trop naïfs dans nos relations avec nos partenaires? Sans doute», s'est-il demandé. «Nous essaierons, autant que possible, de diversifier nos relations de partenariat jusqu'à trouver la bonne formule pour les intérêts du Burkina Faso. Mais il ne sera pas question de nous laisser dominer par un partenaire, quel qu'il soit», a lancé le Premier ministre burkinabè, dans un discours qui fait bruyamment écho à ceux du Mali voisin et qui revêt une signification particulière alors que les exactions terroristes d'Aqmi et de l'EIGS ont fait des milliers de morts et plus de deux millions de réfugiés, depuis 2015.

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