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La Fondation Desmond Tutu dénonce la brutalité sioniste

«La charge israélienne rappelle l'apartheid»

La charge de la police israélienne aux funérailles de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, vendredi, à Jérusalem rappelle douloureusement les sombres heures de l'apartheid en Afrique du Sud, a dénoncé la Fondation Desmond Tutu dans un communiqué, hier.
Ces scènes, où l'on voit les forces de sécurité israéliennes matraquer les porteurs du cercueil, jusqu'à presque le faire tomber, «font froid dans le dos, rappelant la brutalité infligée aux personnes endeuillées lors de funérailles de militants contre l'apartheid», affirme Mamphela Ramphele, présidente de la Fondation, regrettant «la violence, le sentiment de haine et le mépris de la dignité humaine» affichés. «Comme nous l'a appris l'archevêque Tutu», prix Nobel de la Paix mort en décembre à 90 ans à l'issue d'une vie consacrée à la lutte contre le régime raciste puis la nécessaire réconciliation des Sud-Africains, «les auteurs de violences et de violations des droits de l'homme peuvent penser qu'ils font avancer leurs objectifs mais en fait, ils sapent leur propre humanité et intégrité». «La violence engendre la violence et la haine, qui engendrent encore plus de violence et de haine», avait plaidé Tutu auprès des Israéliens dans une tribune publiée par le journal Haaretz en 2014, rappelle le texte. «Des membres des forces de sécurité israéliennes sont manifestement responsables du meurtre» de Shireen Abu-Akleh; «enflammer davantage la situation en attaquant son cortège funéraire revient à chercher à éteindre des flammes justes avec un bidon d'essence», dénonce Mme Ramphele. D'autres Sud-Africains, soutiens historiques des Palestiniens depuis la fin de l'apartheid, ont exprimé leur indignation après les funérailles à Jérusalem, soulignant aussi le parallèle avec des scènes appartenant à leur passé encore récent. «Nous avons ce type de souvenirs, la police de l'apartheid aimait aussi nous attaquer à nos funérailles après nous avoir assassinés», a twitté l'analyste politique Eusebius McKaiser.

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