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Une attaque terroriste fait 41 morts

Deuil national au Burkina

Selon plusieurs médias burkinabè, cette embuscade de terroristes présumés visait jeudi un convoi de commerçants, escorté par des VDP. Cette attaque est la plus meurtrière depuis celle d’Inata (nord), mi-novembre, où 57 personnes dont 53 gendarmes avaient été tuées, suscitant l’exaspération de la population.

Une nouvelle attaque de terroristes présumés a frappé le Burkina Faso cette semaine, avec la mort de 41 civils et supplétifs de l'armée dans une embuscade dans le nord du pays, où un deuil national de deux jours a été décrété. Une embuscade de groupes armés a visé jeudi des civils et des Volontaires de défenses pour la patrie (VDP), dans la zone de You (nord). «La mission de ratissage sur la zone d'embuscade (...) a établi un bilan de 41 corps», affirme un communiqué du porte-parole du gouvernement Alkassoum Maïga. «Le président du Burkina Faso décrète un deuil national de 48 heures», qui a débuté hier à minuit, ajoute le texte. Parmi les victimes, figure Ladji Yoro, considéré comme un leader des VDP au Burkina Faso, précise le communiqué. Dans sa lutte contre les groupes terroristes, l'armée burkinabè, faible et mal équipée, s'appuie sur ces «VDP», supplétifs civils formés en deux semaines et qui paient un lourd tribut. Le président burkinabè avait déjà rendu hommage vendredi à Ladji Yoro. «Cet intrépide Volontaire pour la Défense de la Patrie doit être le modèle de notre engagement déterminé à combattre l'ennemi», avait tweeté le chef de l'Etat. Le ministère des Armées avait de son côté salué «l'héroïsme de Ladji Yoro» qui «a combattu jusqu'au sacrifice suprême». Aucun bilan de cette embuscade n'avait toutefois été annoncé par l'exécutif. «L'identification des victimes est toujours en cours», indique le communiqué du gouvernement qui «condamne avec fermeté cette barbarie».
Selon plusieurs médias burkinabè, cette embuscade de terroristes présumés visait jeudi un convoi de commerçants, escorté par des VDP. Cette attaque est la plus meurtrière depuis celle d'Inata (nord), mi-novembre, où 57 personnes dont 53 gendarmes avaient été tuées, suscitant l'exaspération de la population.
Deux semaines avant cette attaque, les gendarmes d'Inata avaient alerté l'état-major sur leur situation précaire, disant manquer de nourriture et s'alimenter grâce au braconnage. Des centaines de Burkinabè étaient descendus dans les rues de Ouagadougou le 27 novembre pour réclamer la départ de l'exécutif, accusé d'être incapable d'enrayer les violences terroristes. D'autre part, des hommes armés non identifiés ont tué dans la nuit de vendredi à samedi trois personnes dans le village de Koflandé dans la province de la Comoé, dans l'ouest du pays. Selon des médias locaux, le bilan fait état d'un conseiller municipal et deux autres habitants exécutés. Les individus armés ont également incendié la quasi-totalité des boutiques de la rue bordant la route principale qui mène à Mangodara. Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés terroristes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique qui ont fait au moins 2.000 morts et 1,4 million de déplacés. La zone des «trois frontières», aux confins du Mali et du Niger, est particulièrement touchée. Début décembre, le gouvernement avait été limogé et un nouveau Premier ministre, l'ancien fonctionnaire onusien Lassina Zerbo, nommé. De nombreux ministres, y compris à des postes clés comme la Défense, la Sécurité, ou l'Economie, avaient toutefois conservé leur portefeuille.
Le président avait appelé au «rassemblement» pour vaincre le «terrorisme».

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