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Manifestations meurtrières au Tchad

80 Jeunes en liberté provisoire

Le procureur de N'Djamena, Moussa Wade Djibrine avait annoncé la condamnation de 262 personnes à des peines de 2 à 3 ans de prison ferme, à l'issue d'un procès de masse de 401 personnes qui s'est tenu à huis clos dans le bagne de Koro Toro, à 600 km au nord-est de la capitale, où les manifestants arrêtés avaient été massivement transférés.

Quatre-vingts jeunes arrêtés au cours d'une manifestation réprimée dans un bain de sang en octobre au Tchad ont été placés en liberté provisoire jeudi après un mois et demi de détention dans une prison de haute sécurité en plein milieu du désert. «Les avocats des enfants et le directeur général du ministère de l'action sociale ont introduit une demande de liberté provisoire en leur faveur et le juge a accédé à cette demande», a annoncé le procureur de la République de N'Djamena, Moussa Wade Djibrine. Présentés comme des «mineurs» par le procureur, ce dernier avait indiqué lundi que ces jeunes, âgés de 13 à 18 ans, seraient présentés devant un juge pour enfants. Ils avaient été arrêtés à N'Djamena pendant et après la manifestation organisée le 20 octobre contre le pouvoir qui avait fait une cinquantaine de morts, quand les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur la moindre tentative de rassemblement. Les autorités avaient reconnu plus de 600 arrestations dans la capitale. Lundi, M. Djibrine, avait annoncé la condamnation de 262 personnes à des peines de 2 à 3 ans de prison ferme à l'issue d'un procès de masse de 401 personnes qui s'est tenu pendant quatre jours à huis clos dans le bagne de Koro Toro, à 600 km au nord-est de la capitale, où les manifestants arrêtés avaient été massivement transférés. Quatre-vingt d'entre eux - majoritairement des jeunes manifestants - ont écopé de un à deux ans d'emprisonnement avec sursis, et 59 ont été relaxés.
Ces jeunes, dont un tiers sont âgés de moins de 16 ans, avaient également été transférés à Koro Toro où ils ont été détenus pendant un mois et demi avant d'être rapatriés dans une prison de N'Djamena. Leurs avocats avaient dénoncé une procédure de dépaysement «illégale». Si une demande de liberté provisoire a été acceptée par le juge, «l'instruction suit son cours», a rappelé M. Djibrine. Ils sont poursuivis notamment pour des faits «d'attroupement non autorisé», de «destruction des biens» ou encore de «troubles à l'ordre public». Les jeunes libérés ont été accueillis dans le centre social numéro 9, dans le quartier Diguel, au nord-est de N'Djamena, avant de retrouver leurs familles. Une dizaine d'entre eux étaient assis près d'un citronnier en attendant l'arrivée de leurs parents avec impatience et apparemment en bonne santé. «Il a été arrêté le 20 octobre devant notre porte alors qu'il ne manifestait même pas», s'est émue Rose Nodjine en étreignant son fils Joseph qu'elle n'a pas vu depuis deux mois.»J'avais perdu tout espoir, il était simplement sorti pour aller à la boutique d'à côté et je n'avais plus de ses nouvelles, jusqu'à ce matin quand on m'a appelée pour le récupérer», a expliqué Renodji Kouambaye, une autre mère de famille.
Cette libération est un «soulagement», reconnaît Me Frédéric Dainonet, avocat et président de la commission des droits de l'homme du Barreau du Tchad, mais qui ne doit pas éluder les nombreux signalements pour «disparition» que ce dernier dit recevoir et sur lesquels son collectif d'avocats enquête. Sous couvert d'anonymat, une source au sein du centre social a précisé que les familles des jeunes libérés provisoirement avaient été contactées personnellement, par crainte de voir affluer de nombreuses familles dont l'un des enfants serait toujours porté disparu. L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) évoquait déjà fin octobre plus de 2 000 arrestations pendant et après les manifestations réprimées. L'opposition et des ONG locales parlaient aussi de «disparitions forcées», «d'exécutions extrajudiciaires» et de «tortures». Le procès de Koro Toro est «un règlement de comptes» et une «parodie de justice», avait dénoncé la secrétaire de l'ordre des avocats tchadiens, Me Koulmen Nadjiro qui a pointé des conditions de détention proche de la «maltraitance» dans cette prison de haute sécurité. «Koro Toro n'est pas une prison de droit commun et on les a jugés comme des terroristes», a-t-elle ajouté. Sur les quelque 600 personnes arrêtées pendant et après la manifestation à N'Djamena, les cas de plus de 200 sont encore sous le coup d'une enquête menée par des juges d'instruction.

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