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Massacres du 17 octobre 1961 : Fatima Bedar, un enfant de 15 ans noyé dans la Seine

Fatima Bedar n'avait que quinze ans lorsqu'elle avait été noyée et tuée dans la Seine en octobre 1961. Son seul tort était de se trouver dans les cortèges de ses compatriotes sortis, en ce mardi pluvieux, manifester contre un couvre feu imposé aux Algériens par la préfecture, qui croyait ainsi pouvoir brider leur élan nationaliste. Fatima était dans les cortèges et a dû payer de sa vie sa "bravade". Ni son jeune âge, ni son cartable de collégienne, ni ses tresses enfantines n'ont réussi à gagner la sympathie de ses bourreaux ou susciter leur pitié. D'un geste mécanique et haineux, des policiers en faction l'ont jetés à l'eau sans ménagement, mettant fin à une vie innocente et pleine de promesse. Fatima, était précoce en effet, selon Djoudi, son frère cadet, qu'elle a materné jusqu'à l'âge de six ans et qui garde encore un souvenir impérissable de sa sœur, gorgée de vie, joyeuse et surtout très attentionnée à son égard. "J'ai mis du temps à réaliser que je ne la reverrai plus. J'étais certain qu'elle était partie en voyage", dira-t-il étreint subitement par l'émotion d u souvenir. "Elle était brillante dans ses études et réussissait dans tout ce qu'elle entreprenait", affirme-t-il, soulignant qu'en raison de sa maturité précoce, son père, l'emmenait fréquemment aux réunions de sa section de la fédération de France du FLN. "Elle a développé visiblement une conscience aigüe de la condition des Algériens autant en France qu'en Algérie, dont certains souvenirs dans son village natal à Tichy, à 15 km à l'est de Bejaia demeuraient encore vivaces". Fatima, avait 6 ans lorsqu'elle a rejoint la région Parisienne, où travaillait son père, employé à Gaz de France. Elle a dû apprendre la langue, se mettre à niveau au plan scolaire et assurer son passage au collège (Collège industriel et commercial féminin). En parallèle, elle s'occupait des tâches ménagères à la maison et aidait grandement sa mère dans l'éducation de ses frères. Du reste le jour de sa disparition, elle avait eu à partir avec sa mère qui lui avait interdit de monter de Stains, sa ville de résidence à Saint Seine Denis à Paris, craignant d'éventuels troubles. Mais elle était résolue et en a pris le chemin pour disparaitre et ne plus revenir. Durant une dizaine de jours, elle n'a donné aucun signe de vie. Et malgré son signalement à la police, sa vie s'était éclipsée sans explication d'autant qu'offici ellement selon l'administration coloniale, il n'y a pas eu de disparus, a fortiori, dans le fleuve parisien. Ce n'est que le 31 octobre, que son corps a été retiré, coincé dans une turbine de l'écluse de la seine, dans un état de dégradation avancé. Son père n'a pu la reconnaitre que grâce à ses tresses très distinctives, faites à la façon kabyle. Evidemment la police dans de sa logique de déni a conclu à un suicide. Ce n'est qu'en 2003 que ce drame à refait surface, grâce notamment aux investigations d'un journaliste de "L'Humanité", Didier Daeninckx et les témoignes de l'historien Jean Luc Enaudi, que la vérité a fini par éclater dans toute son horreur. Son corps a été rapatrié en Algérie, à Tichy précisément en octobre 2006, où depuis il repose au carré des martyrs.

 

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