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Marseille: Longoria, l'anti-Eyraud

Un des plus jeunes présidents de l'histoire de l'Olympique de Marseille, Pablo Longoria (34 ans), succède à un des plus détestés, Jacques-Henri Eyraud (52 ans). Grand connaisseur de football et fin diplomate, il incarne tout ce qui a manqué à son prédécesseur.

L'ascension de Longoria est fulgurante. D'abord recruteur, jusqu'à travailler à l'immense Juventus Turin, chargé de la politique sportive à Valence puis directeur sportif (ou "head of football") à Marseille, voilà l'Espagnol président de l'OM depuis vendredi soir!

Choisi par le propriétaire Frank McCourt, il est le plus jeune dans la fonction depuis un siècle, depuis les quatre premiers présidents, de 1899 à 1921, de René Dufaure de Montmirail, le fondateur (à 23 ans), à Paul Le Cesne (30 ans).

En octobre 2016, quand l'Américain a racheté l'OM pour y placer l'ex-prof d'Harvard, le rôle de l'inconnu était tenu par Jacques-Henri Eyraud. "JHE" jurait que ce "poste qui rend fou" ne le contaminerait pas, mais a pourtant fini par s'y brûler, ayant presque tout Marseille contre lui, des politiques aux supporters. Il a été relégué au strapontin de président du conseil de surveillance.

Presque tout oppose Longoria, qu'Eyraud était allé cherché l'an dernier après un long processus de recrutement, dans l'esprit managérial qu'il promouvait.

"JHE" assurait qu'on pouvait gérer l'OM "comme une entreprise", Longoria, issu du sérail, lui, devrait le diriger comme un club de foot.

- Rond plutôt que hérisson -

Ses côtés abrupts et cassants ont entraîné la chute d'Eyraud. Longoria n'est pas du genre à jeter de l'huile sur le feu. Par exemple, quand André Villas-Boas claque la porte en critiquant le directeur sportif, l'Espagnol salue le très bon travail du Portugais, sans répliquer.

"JHE" lui contre-attaque par une mise à pied d'"AVB". Au long de son mandat, il a poursuivi plusieurs joueurs pour "faute grave" (Henri Bedimo, Adil Rami...) plutôt que de composer.

Dans la "guerre" avec les supporters, le nouveau président, tout en condamnant fermement l'attaque par 300 d'entre eux du centre d'entraînement du 30 janvier, se montrait prêt à négocier. "Il faut que tout le monde se parle, qu'on trouve la meilleure des solutions", disait-il.

L'opposition radicale des supporters, la ville lardée d'autocollants "Eyraud dehors", a fini par obtenir sa tête.

Longoria, qui a déjà beaucoup voyagé, compose avec l'environnement médiatique du club. Comme son prédécesseur, il répond peu à la presse ("Mais des fois je vous parle plus qu'à ma propre femme", plaisantait-il avec des journalistes), mais ne l'appelle pas pour râler après un papier jugé négatif, pratique qui a crispé les rapports d'Eyraud avec les journalistes.

Rond plutôt que hérisson, Longoria est plus souple avec ces collaborateurs. Mais en interne quelques dents grincent. "Il connaît le foot, c'est une certitude", glisse un salarié, "mais a-t-il les compétences managériales pour être président?"

- Révolution numérique -

Et puis l'Espagnol ne maîtrise pas parfaitement le français, "c'est perçu comme un handicap pour la gestion du club au quotidien", ajoute cette source.

Autre grande différence avec Eyraud, Longoria s'est montré comme un négociateur doué sur le mercato, où le désormais ex-président a commis de coûteuses erreurs (Kevin Strootman, Kostas Mitroglou...) qui ont longtemps plombé les comptes. Il a réussi à vendre avec bénéfices Morgan Sanson à Aston Villa (17 millions d'euros, il en avait coûté 12) et à se débarrasser de Strootman et Mitroglou.

McCourt, qui a dépensé plus de 300 millions d'euros sans beaucoup de retour, a pu apprécier cette embellie côté rentrées financières au moment de donner les clefs à quelqu'un d'autre.

Eyraud n'a pas tout raté non plus. Avec lui, l'OM a disputé une nouvelle finale européenne, en 2018 (Ligue Europa, perdue 3-0 contre l'Atlético Madrid) et retrouvé la Ligue des champions, même si la campagne a été complétement manquée cette saison.

Il a aussi amorcé un vrai projet de formation, l'histoire le lui reconnaîtra peut-être plus tard, lancé beaucoup de bonnes pistes marketing et engagé la révolution numérique de l'OM, comme font les très grands clubs européens.

Ce goût pour l'innovation est sans doute le domaine où Longoria et Eyraud se ressemblent. "Geek" du foot, l'Espagnol manie lui aussi les "mégadonnées", dans un but strictement sportif. Mais désormais tous ces outils sont entre ses mains.

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