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Coup de force en Guinée: début mardi des concertations nationales pour préparer la transition

Les militaires au pouvoir en Guinée lancent à partir de ce mardi des concertations nationales avec les forces politiques, la société civile et les représentants des compagnies minières pour fixer les grandes lignes de la transition, dix jours après la déposition du président Alpha Condé.

La concertation nationale en Guinée est une série de rencontres (du 14 au 17 septembre), censées réunir toutes les composantes de la société et qui devrait déboucher sur l’élaboration d’une Charte et la formation d’un gouvernement de transition, a-t-on expliqué.

Dans le cadre de ces rencontres, les militaires conduits par le colonel Mamady Doumbouya recevront mardi les chefs des partis politiques, puis ceux des confessions religieuses, mercredi les organisations de la société civile, puis les représentations diplomatiques, jeudi les patrons des compagnies minières implantées en Guinée, puis les organisations patronales, vendredi les banques et les syndicats, selon des communiqués militaires lus samedi à la télévision.

Certains acteurs politiques et de la société civiles ont exprimé leurs réserves car ils indiquent n’avoir pas été invités par les militaires au pouvoir. D’autres jugent le temps prévu pour ces concertations "trop court et le format peu cohérent", a-t-on indiqué.

Lansana Faya Millimono, président du parti d'opposition Bloc Liberal, et aussi le coordinateur de la Coalition politique pour la rupture (CPR), regroupant une dizaine de formations politiques, estime qu'"avant de critiquer, il faut d'abord qu'on s'y rende, qu'on voit ce qu'ils ont prévu au menu. Ce sont les erreurs que nous devons commencer à éviter...".

Il propose de "mettre en place une Constitution digne de ce nom, se doter d'une nation véritablement forte et durable et amorcer l'établissement de la vérité, de la justice pour ouvrir la voie à une véritable réconciliation dans notre pays."

"La réforme de l’Etat doit être la priorité", estime pour sa part, l’ancien ministre de la Justice, Cheick Sako, qui avait démissionné en mai 2019 pour marquer son opposition à la modification de la Constitution qui a permis au président Condé de briguer un troisième mandat. "C'est important que la junte écoute les autres forces vives de la nation, notamment les partis politiques, la société civile et d'autres forces", a-t-il souligné.

Cependant, on ne sait toujours pas si le sort de l’ancien président Alpha Condé, détenu depuis sa capture le 5 septembre par les militaires, sera évoqué au cours de ces discussions.

Les concertations nationales en Guinée interviennent alors que la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao) qui a suspendu la Guinée de tous ses organes et décisions exige un "retour immédiat à l'ordre constitutionnel". La Cédéao avait également "exigé le respect de l'intégrité physique" et la "libération immédiate" d'Alpha Condé.

L'Union africaine (UA) a elle aussi suspendu la Guinée de toutes ses "activités et organes de décision" et demandé au Conseil de sécurité de l'ONU "d'approuver le communiqué final de la Cédéao", qu'elle soutient.

 

La durée de la transition dépend des Guinéens eux-mêmes

 

Par ailleurs, les Nations unies attendent que les civils reviennent au pouvoir dans un délai "raisonnable" en Guinée, mais jugent que les Guinéens doivent décider de la durée de cette transition, d'après le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif.

"Non, la durée (...) sera celle que décideront les Guinéens eux-mêmes", a-t-il dit lundi à Conakry au cours de sa visite d'une journée dédiée à la crise guinéenne. "Jusque là nous avons dit: nous voulons une durée raisonnable, mais la durée raisonnable dépend des Guinéens eux-mêmes", a-t-il ajouté.

Il a rappelé que les Nations unies avaient condamné le coup de force et réclamé la libération de M. Condé. Mais elles ont aussi "manifesté leur intention d'accompagner la Guinée pour sortir de la crise", a-t-il dit.

En attendant de désamorcer cette crise, les militaires, sous pression, ont multiplié les gestes de bonne volonté à l'adresse des partenaires étrangers et des investisseurs. Ils ont ainsi annoncé mardi dans un communiqué leur intention de rouvrir à partir de mercredi les frontières terrestres avec les pays voisins, fermées depuis le coup de force pour certaines et depuis des mois pour d'autres.

Les autorités au pouvoir ont demandé aux services concernés de "procéder immédiatement à une évaluation sécuritaire et sanitaire en vue de l'ouverture graduelle de ces frontières" terrestres, à commencer par celle avec la Sierra Leone d'ici au 15 septembre.

La frontière avec le Liberia devrait rouvrir avant le 16, la Côte d'Ivoire le 17, le Mali le 18, la Guinée Bissau le 20 et le Sénégal le 24. Alpha Condé avait fait fermer les frontières terrestres avec la Guinée Bissau, le Sénégal et la Sierra Leone, officiellement pour des raisons de sécurité, avant la présidentielle du 18 octobre 2020, dans un contexte de contestation de sa candidature à un troisième mandat.

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