L'Expression

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Le rapport Stora et les débats contradictoires qu'il suscite en France et en Algérie

Une montagne qui accouche d'une souris

Le rapport Stora n'est que le reflet d'un équilibre politique exprimé au niveau d'une France officielle qui n'est pas encore prête à sortir de la tanière des ultras et de leur approche négationniste à outrance.

La mémoire revient avec son lot de passions et de tragédies enfouies dans le subconscient de l'histoire coloniale. La victime et le bourreau s'investissent pour trouver une «forme» plus judicieuse pour réexaminer le long de cette période noire, appelée communément nuit coloniale.
Le rapport Stora qui a été tant attendu, n'a pas répondu à ce qui constitue la pierred'achoppement de la question coloniale et son rapport avec les crimes coloniaux commis en Algérie pendant 132 ans de domination, d'expropriations et de dépossessions multiformes.
Ce rapport volumineux n'a pas pu inclure une phrase toute simple et substantielle en matière de sens et de symbolique, à savoir la dénonciation et la reconnaissance des crimes coloniaux de la France coloniale en Algérie.
Heureusement que beaucoup de Français ne sont pas dupes et ne suivent pas le chant des sirènes au rythme abracadabrant et pétri d'inepties et d'anachronismes. Le cas de l'ancien journaliste de Canal+, Jean- Michel Apathie est plus qu'édifiant sur ce plan, il est allé jusqu'à dénuder les fourberies et les balivernes des ultras qui pèsent de leur poids sur les enjeux stratégiques de la France coloniale. À ce propos, Jean-Michel Apathie n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour qualifier le débat sur les crimes coloniaux en Algérie commis par la France coloniale pour signifier que «la colonisation algérienne ne ressemble à aucune autre colonisation. Nous ne savons pas pourquoi la France a conquis l'Algérie en 1830. On a volé les terres aux Algériens, on a empêché la scolarisation de cinq générations d'Algériens et on les a condamnés à l'ignorance et à l'analphabétisme», a-t-il souligné.
Entre une opinion publique voulant se débarrasser du fardeau de l'histoire coloniale faite d'ignominie et d'abjection, et les officines dont le rôle est de maintenir la France officielle dans l'approche néocoloniale comme c'est le cas aujourd'hui à travers les forces de pression incarnées par les ultras, il y a un fossé très profond, qui ne peut être rétréci qu'une fois la volonté d'assumer ses crimes coloniaux soit adoptée et dénoncée vertement. L'Algérie officielle et l'opinion publique sont unanimes et homogènes sur cette question qui rappelle un passé récent et tragique de son histoire. De ce fait, le rapport Stora est, lui, de répondre à une seule et unique question des plus basiques, à savoir la dénonciation des crimes et reconnaître la responsabilité politique de la France coloniale, de ses actes et de son «oeuvre» abominable en Algérie contre un peuple qui ne demandait que de vivre dans sa terre avec dignité et fraternité.
La repentance et autres considérations dont le fondement politique n'est pas clair et saillant en matière de prise de position, cela ne règle en rien la question même si on verse dans la sémantique et la phraséologie pompeuse.
Le rapport Stora n'est que le reflet d'un équilibre politique exprimé au niveau d'une France officielle qui n'est pas encore prête à sortir de la tanière des ultras et de leur approche négationniste à outrance quant à l'histoire et au passé sombre de la France coloniale. Il faut sortir de cette logique équilibriste dangereuse qui veut monnayer une injustice et un crime sur fond d'un compromis, voire une compromissions rien que pour sauver l'histoire d'une France jonchée de sang et de crimes contre l'humanité.
On ne peut pas mettre de l'avant des mécanismes pour dissiper les clivages et les conflits que constitue une histoire commune si la question de la volonté politique n'y est pas pour mettre un terme à l'imbroglio et les tergiversations qui entourent ladite histoire commune. L'histoire ne se répète pas, mais elle bégaie.

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