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La Turquie prive Twitter de revenus publicitaires pour le soumettre à sa loi

La Turquie a interdit mardi Twitter de revenus publicitaires dans le pays, une mesure punitive qui s'inscrit dans le cadre d'une loi visant à obliger les réseaux sociaux à retirer des contenus à la demande des autorités.

L'application de partage de vidéo en direct Periscope, qui appartient à Twitter, ainsi que le réseau social Pinterest sont également visés par cette interdiction de revenus publicitaires, selon une décision publiée dans le Journal officiel turc.

La mise en oeuvre de cette mesure "sera minutieusement supervisée par nos institutions (...) Des contraventions seront dressées contre les entreprises qui leur versent des revenus publicitaires", a prévenu le vice-ministre turc des Transport et des Infrastructures, Omer Fatih Sayan, sur... Twitter.

 

Cette sanction vise à contraindre ces réseaux sociaux à nommer un représentant légal en Turquie conformément à une loi entrée en vigueur en octobre, ce qui les obligerait en théorie à obéir aux tribunaux demandant le retrait de contenus.

M. Sayan a défendu cette loi en affirmant qu'elle visait à lutter contre "le fascisme numérique". "Le harcèlement, la diffamation et les violations des droits ne sont pas des libertés, mais des délits", a-t-il dit.

Toutefois, pour ses détracteurs, ce texte ouvre la porte à la censure, les autorités turques faisant inlassablement la traque aux critiques sur les réseaux sociaux, notamment depuis une tentative de coup d'Etat 2016 suivie d'une répression.

Lundi, à quelques heures de l'entrée en vigueur de l'interdiction des revenus publicitaires, Facebook avait annoncé qu'il nommerait un représentant en Turquie, tout en réaffirmant son attachement à la liberté d'expression.

Avant Facebook, d'autres plateformes comme YouTube et TikTok avaient suivi la même voie.

- "Instruments de censure" -

Après l'annonce de Facebook lundi, l'ONG Amnesty International a estimé que les réseaux sociaux risquaient de "devenir les instruments d'une censure d'Etat".

"Nous appelons les réseaux sociaux à ne pas participer à la censure en ligne en Turquie et à se garder de transmettre les données privées de leurs utilisateurs qui pourraient les exposer à des arrestations et poursuites arbitraires", a déclaré Sarah Clarke, de l'association de défense de la liberté d'expression Article 19.

Pour contraindre les récalcitrants comme Twitter à obéir, les autorités turques ont par ailleurs prévu une réduction progressive de leur bande passante: celle-ci sera divisée par deux en avril, puis réduite de 90% en mai, ce qui les rendrait de fait inaccessibles.

"Nous espérons que Twitter et Pinterest, qui n'ont pas encore annoncé l'envoi de représentants, feront le nécessaire dans les plus brefs délais", a déclaré mardi M. Sayan.

En novembre, les autorités turques avaient déjà pris de premières mesures punitives sous la forme de fortes amendes.

Les réseaux sociaux sont étroitement surveillés par le gouvernement turc et de nombreux procès pour "insulte au chef de l'Etat" ou "propagande terroriste" ont été intentés sur la base de simples tweets.

La loi réclamant l'envoi d'un représentant en Turquie avait d'ailleurs été votée à la demande du président Erdogan qui voulait "mettre de l'ordre" dans les réseaux sociaux après la publication d'insultes visant sa fille et son gendre sur Twitter.

En 2019, la Turquie a bloqué l'accès à 408.000 sites, 40.000 tweets, 10.000 vidéos YouTube et 6.200 partages sur Facebook, selon un rapport de l'Association de la liberté d'expression.

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