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Une grille pour le Kazakhstan

Le Kazakhstan est très loin mais il occupe, depuis plus d'une semaine, les devants de l'actualité, suite aux émeutes qui ont secoué ce pays riche en pétrole et en uranium, mais aussi champion du...bitcoin, la cryptomonnaie qui inquiète les grandes places financières. Avec 5 800 arrestations et des dizaines de tués, aussi bien dans les rangs des émeutiers que des forces de l‘ordre, il a fallu au président Kassym Jomart Tokaïev solliciter le concours de la Russie pour venir à bout de l'insurrection, provoquée par une augmentation brutale du prix du gaz qui s'est accru de 60%. Mettant fin, en décembre dernier, au système de subvention des produits de première nécessité, le gouvernement kazakh a choisi la loi du marché et ce fut l'étincelle qui a mis le feu au pays. Allié historique du Kazakhstan, une ancienne République soviétique, Moscou a dépêché un contingent de forces de maintien de la paix, conformément aux termes de l'Organisation du traité de sécurité collective (OSTC) qui regroupe l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie et le Tadjikistan. Autre pays à s'alarmer de la crise à sa frontière, la Chine qui surveille la zone comme on surveille le lait sur le feu. Confrontés à une montée des périls du côté de l'Ukraine et des pays baltes de l'ex-URSS où l'Otan a déployé ses tentacules ainsi qu'en mer de Chine où les porte-avions américains auscultent l'ambition chinoise, Moscou et Pékin ne peuvent, en aucun cas, se permettre de voir le Kazakhstan basculer dans le camp occidental. D'où la réplique du vice-ministre russe des AE, Sergueï Riabkov, à la déclaration jugée «grossière» de Washington, selon laquelle «il est très difficile d'obtenir le départ des soldats russes», après les avoir invités. Le régime kazakh est, et a toujours été, très proche de l'allié russe, jusqu'à bâtir sa nouvelle capitale à 500 km de la frontière commune, Astana, rebaptisée Noursoultan en 2019, pour glorifier l'ex-président Noursoultan Nazarbaïev dont le règne a duré de 1987 à 2019, au détriment de la séculaire Almaty. Cette alliance a un symbole, unique en son genre, l'illustre base spatiale russe de Baïkonour, au sein même du Kazakhstan. Celui-ci s'enorgueillit de détenir, dans son sous-sol, «99 des 100 éléments» existants sur la planète, recensés au XIXe siècle par le chimiste russe Dimitri Ivanovitch Mendeleiev, mais sa principale richesse reste les hydrocarbures qui pèsent pour 56% des exportations et 55% du budget de l'Etat. Des raisons suffisantes pour nourrir des convoitises internes et extérieures et provoquer une guerre géostratégique qui n'en est qu'à ses balbutiements. 

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