L'Expression

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Un séisme au Sahel

Un appel pressant vient d'être lancé par la Cedeao, organisation régionale ouest-africaine, aux trois pays qui ont décidé de claquer la porte, le Mali, le Burkina et le Niger. Elle les exhorte à ne pas consacrer leur retrait alors que les fissures sont en tain de se propager à une vitesse de plus en plus préoccupante. Le dirigeant de la junte malienne, imité par ses homologues burkinabé et nigérien, avait déjà averti que son pays ne reviendra jamais dans une structure qui a démontré sa dépendance étroite vis- à- vis d'intérêts et de plans extra-africains. Il n'y a donc que très peu de chance pour que l'appel du Conseil des sages de la Cedeao soit entendu à Bamako, Ouagadougou et Niamey, au contraire. Les trois pays ont scellé une Alliance du Sahel au moment où la Cedeao menaçait le Niger d'une intervention militaire imminente «pour rétablir l'ordre constitutionnel», après le renversement du président élu Mohamed Bazoum. Ils ont, ensuite, envisagé de faire de cette «Alliance» une rampe de lancement d'un nouveau mode économique régional, en rupture avec les «traditions» de la Cedeao.
Celle-ci a commis la grave erreur d'un recours programmé à la force brutale contre le Niger et, du coup, contre le Mali et le Burkina, alors que ses statuts sont strictement de nature économique, avec un net relent néocolonial. De là à y voir la «main de l'étranger», il n'y avait qu'un pas et les trois pays sahéliens ne se sont pas gênés pour le clamer, poussant manu militari les forces occidentales présentes vers la porte de sortie. Derniers en date à subir le retour de manivelle, les Etats-Unis ont trouvé, à l'instar du contingent français, refuge au Tchad, pour des raisons historiques qu'il n'est pas besoin de développer ici. Mais le compte à rebours semble avoir commencé pour toute la région sahélienne. Le feu s'est déjà propagé en Guinée et, tout récemment, au Sénégal où Ousmane Sonko a déblayé la voie royale, depuis deux ans au moins. Et l'élection de son adjoint Bassirou Diomaye Faye comme président constitue un véritable séisme, dans la mesure où les deux hommes sont déterminés à «en finir» avec un «partenariat» à sens unique, grâce auquel les richesses ont été bradées depuis l'indépendance, au point que le Sénégal figure parmi les 20 pays les moins développés de la planète. Or le sort des autres pays du Sahel, la Côte d'Ivoire exceptée dans une certaine mesure, n'est pas plus enviable et c'est pourquoi l'onde de choc risque de s'étendre et, surtout, de s'intensifier dans toute la région.

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