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Spéculation : une guerre à risques

La méthode dure employée par le gouvernement dans sa guerre ouverte contre la spéculation mérite d'être observée avec beaucoup de lucidité pour cerner les effets et les conséquences à venir de cette action. Pour faire baisser la tension sur certains produits de large consommation, le président de la République, ayant jugé la situation préoccupante, a dû monter au créneau en octobre dernier. Pour faire un diagnostic juste, il convoque le Premier ministre en compagnie de six autres membres du gouvernement, ainsi que tous les responsables des organes de sécurité. Le temps n'est plus aux tergiversations. Désormais, la spéculation illicite est un crime traité au niveau du service de lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Pour répondre à cet «acte organisé visant la déstabilisation directe de l'État», le gouvernement déclare la guerre aux spéculateurs sur le terrain. La Gendarmerie nationale, des brigades spéciales d'intervention (DSI) et les gardes-frontières sont sur le pied de guerre. Ils effectuent une stricte surveillance de certains axes routiers, descentes et contrôles inopinés dans les entrepôts et magasins des grossistes et des détaillants. Effet immédiat, les étalages se sont remplis et les produits disponibles en abondance. Allons-nous crier victoire sur la spéculation après ces premiers résultats? Ce retour à la «normale» n'est pas le fait d'avoir resserré l'étau sur le commerçant et le grossiste du coin. Le gouvernement ne doit pas s'en tenir au traitement des symptômes. Si la spéculation a sensiblement baissé, c'est parce que les réseaux de la contrebande au sud du pays ont été temporairement asséchés. Pour situer le phénomène ce sont des convois de centaines de camions gros-tonnage qui traversaient la frontière vers le Niger. S'il arrive que l'un d'entre eux est pris dans un barrage de la gendarmerie, il sera verbalisé sans plus. Mais avec la promulgation de la nouvelle loi sur la spéculation, le camionneur risque jusqu'à 30 ans de prison. Qui osera prendre un tel risque? Du coup, la contrebande transfrontalière fléchit le temps de se réorganiser. Et elle va se réorganiser au risque de dessécher totalement l'économie nationale.
La contrebande au sud du pays est un phénomène similaire au marché informel du nord du pays. Des centaines de milliers de personnes vivent de ces commerces illicites. Perturber ces fourmilières est une action socialement dangereuse avec ce qu'elle implique comme risque d'instabilité. Pour éviter d'être pris au dépourvu, le gouvernement doit se préparer dès maintenant au réveil fulgurant de ces réseaux.z&exy-g

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