L'Expression

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La nouvelle donne sahélienne

A peine avait-on annoncé son départ que l'opération française de lutte antiterroriste, Barkhane, s'est vue relancée dans les sables d'un Sahel où la mouvance extrémiste s'en donne à coeur joie. Depuis le sommet de Pau, où la France avait fait son propre bilan pour constater qu'elle n'a plus les moyens de sa politique, on savait ce retrait immanquable, de manière graduelle et non par le sauve-qui-peut à l'américaine, durant la guerre du Vietnam. Pour les stratèges français, Barkhane doit céder place à une force européenne, Takuba, vis-à-vis de laquelle le sentiment, ou plutôt le ressentiment, antifrançais, au Mali, au Niger et même au Burkina Faso, aurait un moindre effet. Sauf que Takuba compte quelques centaines, sans plus, de soldats allemands et autres.
Car la majorité des pays européens rechigne à s'impliquer dans une guerre des sables qui coûte cher et ne rapporte rien, si ce n'est la sauvegarde des intérêts de la France dans ce qui fut, longtemps, son pré carré. Lorsqu'il annonça la suspension des opérations de Barkhane au Mali, le président Emmanuel Macron voulait manifester son mécontentement à la junte arrivée au pouvoir en août 2020, avec la chute de l'ancien président Ibrahim Boubacar Keita. Mécontentement suscité par l'accord avec le groupe terroriste ravisseur de Sophie Pétronin et de l'opposant Soumaïla Cissé dont le parti est, aujourd'hui, au gouvernail du Mali, malgré sa mort précoce, peu après sa libération. Mécontentement dû, surtout, à la crainte d'une revendication populaire grandissante dans tout le Sahel où on en appelle à la Russie, convaincu que l'engagement français ne vise nullement la sécurité et le développement de la région mais, au contraire, l'exploitation continue de ses richesses et sa domination, par bourgeoisies compradores interposées.
Le drapeau russe a, ainsi, flotté au-dessus de nombreuses manifestations à Bamako, à Ouagadougou et même à Niamey. La mort brutale de «l'ami», Idriss Déby Itno, président tchadien blessé dans les combats avec les rebelles tchadiens venus de Libye et conduits par son propre neveu, n'aura fait qu'alourdir l'atmosphère, déjà peu réjouissante. Elle confirme, sans l'ombre d'un doute, que le pré carré africain est en train de se fissurer, de plus en plus, malgré les efforts soutenus et, sans cesse, meurtriers des groupes terroristes qui travaillent à perpétuer la tradition, moyennant de fortes contributions et un trafic d'armes et de drogue dont le royaume marocain est un instrument enthousiaste. Il n'empêche, les peuples du Sahel sont, plus que jamais, engagés sur le chemin de l'autodétermination, malgré leurs moyens limités.

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