L'Expression

{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

La grande bagarre des vaccins

Multipliant les appels à la raison et le désaveu des propos sur une «guerre mondiale d'un nouveau genre», l'OMS déplorait hier les affrontements sur le marché des vaccins anti-Covid, devenus, depuis quelques semaines, de véritables guerres de tranchées, même entre pays alliés. La rhétorique sanitaire a tôt fait de balayer les liens traditionnels et voilà que, seule, compte la quête acharnée des lots de vaccins, les pays riches se bousculant au portillon pour faire valoir leur «droit» à une priorité, en la matière. Situation qui a conduit, hier, un responsable de l'OMS à exhorter tout son monde à un peu de retenue, leur rappelant que la guerre est contre le Covid et ses variants et «non pas les uns contre les autres». A son sens, il faut mettre en lumière l'importance de la collaboration entre les dirigeants de la planète tout entière. Un voeu pieux, si l'on en juge par les accusations qui fusent, de part et d'autre, le président français Emmanuel Macron accusant ses homologues russe et chinois d'instrumentaliser les vaccins pour déstabiliser les pays occidentaux. Procès balayé par Moscou et Pékin qui rétorquent que telle n'est pas leur politique. Le président russe Vladimir Poutine en a profité pour porter l'estocade, reprochant à l'Union européenne de traîner les pieds pour la validation du Spoutnik V, alors que l'Astra Zeneca connaît de graves difficultés, outre des retards de production et de livraison. L'UE s'en est pris, du coup, au «chantage» du Royaume-Uni, soupçonné d'avoir tiré la couverture à lui, et promet d'interdire les exportations dudit vaccin. Avec ou sans Astra Zeneca, le monde est confronté à une flagrante inadéquation entre les capacités de production des différents vaccins et la forte demande des populations. Bruxelles a, ainsi, justifié les mécanismes de contrôle des exportations, mis en place par la Commission européenne, parce que «les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont, tous deux, tendance à protéger leur propre stock». Quant à l'appel du directeur général de l'OMS pour un partage équitable des doses avec les pays démunis, signe d'une forte inquiétude face à la grande bagarre qui se déroule sur les marchés de ces «ressources rares ou limitées», il reste sans écho. Avec 500 millions de doses administrées dans 164 pays, le Covid et ses variants qui enchaînent une troisième vague épidémique ne sont pas près de lâcher prise. Et l'OMS le sait qui cherche désespérément 10 millions de doses afin d'aider 20 pays, dans un besoin extrême.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours