L'Expression

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La dernière bastille

Les Algériens n'ont jamais autant voté. En l'espace de 2 ans, ils ont été convoqués aux urnes à quatre reprises: l'élection présidentielle du 12 décembre 2019 qui a porté au pouvoir le président Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier a décidé de revoir la Constitution, ce qui a été fait lors du référendum du 1er novembre 2020, il a ensuite organisé des législatives anticipées et parachève ce processus de reconstruction institutionnel par les élections locales de samedi prochain. Ainsi, tombera définitivement la dernière bastille de l'ancien régime qui n'a pas fait l'économie de la fraude électorale, du clientélisme et des passe-droits.
Les promesses des plus hautes instances du pays, relayées par les candidats eux- mêmes, sont claires à ce propos: bannir à jamais ces pratiques qui souillent la relation entre l'Etat et ses administrés, l'élu et le citoyen. Une fois cet aspect du problème réglé, il restera à accomplir l'essentiel. Car il ne faut pas se leurrer, la solution aux soucis qui rongent le quotidien des Algériens ne gît pas au fond de l'urne. L'élection n'est qu'un instrument démocratique pour parvenir à une gestion crédible et transparente des affaires de la localité. Evidemment, les candidats en période de campagne sont dans leur rôle politique qui consiste à faire rêver les populations. Mais une fois élus, trêve de promesses: ils sortiront du monde de la parole pour affronter une réalité souvent contraignante. Leur incapacité à agir, quelle que soit leur bonne volonté, est telle qu'ils n'ont aucune emprise sur les événements. Dépouillés de toute prérogative, ils ne font que subir avant de se confronter ligotés à leurs propres électeurs. Terrible équation surtout que les prétendants à la gestion locale sont pour la plupart des jeunes universitaires ambitieux, mus par la fougue de se saisir du pouvoir local.
Il va falloir d'abord délivrer l'élu des nombreuses contraintes entravant une gestion efficace des collectivités locales. Exprimé par les candidats indépendants et ceux affiliés aux partis politiques, ce «voeu» est si contraignant qu'il fait la quasi-unanimité. N'est-ce pas que le mal est identifié? Pourquoi ne pas agir alors sur la base de ce point commun pour libérer les élus? Vaste chantier qui ouvrira de nouvelles perspectives à la participation des citoyens aux décisions qui les concernent.
Il mènera nécessairement vers une décentralisation et un désengagement de l'Etat au profit de l'élu local. Tout compte fait, il y a encore beaucoup d'autres bastilles à libérer.

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