L'Expression

{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

Et Sánchez pensa au moulin à vent

Et la montagne accouche d'une souris. Après cinq jours de mûre réflexion, en famille faut-il préciser, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a mis fin au suspense hier en déclarant qu'il reste à son poste «malgré la campagne de discrédit» qui a valu à son épouse l'ouverture d'une enquête judiciaire. Mercredi dernier, il avait surpris l'Espagne en annonçant sa probable démission et, en homme rompu aux techniques de communication, voilà qu'il la rassure tout en l'exhortant à une nouvelle façon de faire de la politique. Le leader du PSOE, le Parti socialiste au pouvoir depuis 2018, a recouru, hier, à un discours solennel qui a aussitôt déclenché les foudres de l'opposition, notamment celle du Parti populaire (droite) d'Alberto Nunez Feijoo qui l'accuse de «s'être moqué des Espagnols» alors qu'il nie «tout calcul politique» dans cet imbroglio. À 52 ans, Sanchez est un artiste en la matière et il ressort tout ragaillardi par le soutien massif des milliers de partisans qui l'ont «supplié» de rester à la barre, durant les cinq jours où il s'est muré dans un silence peu courant quand on observe son parcours. Déplorant une polarisation nuisible de la vie politique et appelant à empêcher «l'intox de diriger le débat», il a accentué le clivage entre les courants qui dominent la scène politique espagnole au risque d'aggraver la dégradation qu'il entend dénoncer. Feijoo a ainsi considéré qu'il s'agit là d'une «pure stratégie électorale ou judiciaire ou peut-être les deux» avant d'estimer que Sanchez a «raté une occasion fantastique de s'en aller», depuis l'annonce mercredi par un tribunal madrilène de l'ouverture d'une enquête préliminaire pour «trafic d'influence» et «corruption» contre son épouse, Begoña Gómez. Si le parquet a réclamé le classement sans suite de l'enquête contre Mme Sanchez, le juge d'instruction, lui, n'a pas encore dévoilé sa décision. Pour le Premier ministre, cette affaire est une cabale de déstabilisation contre le PSOE, ourdie par «une coalition d'intérêts de droite et d'extrême droite» qui «n'acceptent pas le verdict des urnes». Il est vrai que ces courants ne lui pardonnent pas d'avoir construit sa légitimité avec le soutien de l'extrême gauche et des partis sécessionnistes basques et catalans qui ont fait tomber Mariano Rajoy, victime d'un scandale de corruption. Arrivé derrière son rival de droite aux législatives de juillet dernier, Sanchez est resté aux commandes grâce à ces soutiens âprement négociés. Quant à la plainte contre Mme Sanchez, elle concerne surtout le groupe Globalia, parrain de la fondation où elle travaillait, et dont sa filiale Air Europa a bénéficié d'aides publiques, comme des dizaines d'autres entreprises concurrentes.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours