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Lounès Ghezali, écrivain, à L’Expression

«Mon roman est né dans la douleur»

Lounès Ghezali, écrivain résidant dans la commune de Mizrana, près de Tigzirt, vient de publier son troisième roman aux éditions Frantz-Fanon au titre évocateur: « La dernière escale.». Un roman sur la mort. Sur la vie aussi. Sur le chagrin et les sentiments qu'on ne peut ni contenir ni gérer, qui surviennent, après la mort d'un être cher: la mère.

L'Expression: Vous venez de publier votre troisième roman aux Éditions Frantz-Fanon, pouvez-vous nous dire comment est né ce livre?
Lounès Ghezali: Il y a énormément d'émotions autour des sentiments liés aux questions de la vie et de la mort. Personne n'est indifférent à ces choses-là. D'ailleurs, rien que chez-nous, beaucoup de chanteurs ont abordé ce sujet. Notre société, exclusivement orale, a surchargé notre mémoire collective de choses mythiques depuis la nuit des temps. À cela s'ajoute, aussi, peut-être, des raisons personnelles. La mort de mes parents (paix à leurs âmes) en quatre ans d'intervalle m'a poussé vers une sorte de nécessité d'exorciser l'intense émotion, la douleur et le chagrin de perdre des êtres chers.

Il s'agit donc d'un roman autobiographique?
En partie oui. Il y a quelquefois le ton, des souvenirs, de la description de moments intenses, de la joie, de la douleur... Tout ce qu'il y a en fait dans une histoire de vie. Seulement, le personnage viole quelques convenances. Ce n'est qu'à l'ombre de la mort qui s'avance vers elle que sa mémoire devient foisonnante. C'est dans ses ultimes moments de vie qu'elle se voit pousser à rompre le silence. Et là une question, ses souvenirs avaient-ils pressenti qu'ils sont en train de vivre leurs derniers instants pour se bousculer dans sa tête?

Le sujet de la mort autour duquel tourne votre troisième roman reste l'un des plus grands mystères de la vie, n'aviez-vous pas eu des appréhensions à en faire un sujet de livre?
Ce n'est pas un sujet étrange, seulement il force un peu le récit vers des possibilités nouvelles. Du moins, il défie certaines normalités de notre monde ici-bas. Il faut beaucoup d'imagination, être constamment entre le réel et l'imaginaire. Sinon, le reste, c'est une histoire de vie faite de souvenirs, parfois d'enlisement ou de plongée dans les vapeurs de la mort et de questionnements aussi, surtout métaphysiques. C'est ce genre d'épreuves qu'il y a dans ce roman.

Ce roman a tout l'air d'une thérapie pour vous, le confirmez-vous?
Thérapie? Je ne sais pas si je peux nier mes peurs existentielles, mais en tout cas ce n'est sûrement pas une vieille idée qui resurgit. Il reste que quand on touche aux choses aussi lourdes, on ne fait pas une simple chronique qui serait conforme aux normes et on s'en va. On est touché profondément. Le reste, c'est peut-être l'inconscient, ce grand silence qui est en chacun de nous et qui nous donne les phrases pour notre thérapie.

Votre éditeur, Amar Ingrachen, est également romancier, comment se sont effectués les contacts pour l'édition de ce livre aux Éditions Frantz-Fanon?
Je ne le connaissais pas auparavant. Un ami m'a donné son numéro de téléphone. J'ai vu que c'est une maison d'édition qui possède déjà une variété de livres dans des registres différents. J'avais le souvenir d'une petite discussion avec Saïd Sadi qui m'avait conseillé de bien choisir son éditeur. C'était à la sortie du «Rocher de l'hécatombe» en 2016. Sans hésiter, j'envoie le tapuscrit. Malheureusement, la période n'était pas propice au livre. Confinement, fermetures pour cause sanitaire, ont retardé la sortie de ce livre mais après une attente quelquefois avec un peu d'impatience, il a vu le jour. Et c'est l'essentiel.

Vous avez participé, en tant qu'écrivain, au Salon du livre de Boudjima, organisé le début de ce mois, pouvez-vous nous en parler?
Le Salon du livre de Boudjima a pris une grande ampleur. Il est parfois classé deuxième après le Sila. Il est un peu spécial parce qu'on ressent toujours cette verve participative que ce soit chez les auteurs, les éditeurs ou le public. Cette année ce salon possède une touche particulière parce qu'il a gardé ce cachet noble du livre malgré l'alternance démocratique qui s'est produite dans cette commune. J'ai voulu le souligner parce que nous sommes tellement habitués aux fatalités liées à la politique! Garder l'harmonie au détail près malgré le changement d'équipe ne peut venir que chez des esprits nobles et grands et ce, des deux bords politiques. Il est vrai que toutes ces belles choses de ce salon sont l'oeuvre aussi d'anonymes qui y travaillent sans trop s'exhiber.

Vous êtes aussi programmé pour la fin du mois au Salon du livre de Ouaguenoun, n'est-ce pas?
Le Salon du livre de Ouaguenoun m'a programmé pour présenter «La dernière escale» le 23 juin. Je ferai également une vente-dédicace. C'est un salon dédié à Matoub Lounès, donc il revêt un cachet particulier. J'espère qu'il réussira et qu'il perdurera.

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