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Des cinéastes s'adressent à la ministre des Arts et de la Culture

«Menace sur le septième art algérien»

«Notre cinéma lutte pour continuer d'exister, de manière libre, puissante, unique, comme il le fait depuis des décennies...», peut-on lire.

Le Collectif des Cinéastes Algérien.ne.s sort de sa réserve et adresse une énième lettre ouverte à destination de la ministre des Arts et de la Culture. L'objet de la missive? «Le péril que représentait la suppression brutale du Fonds de financement public du cinéma algérien («Fdatic») pour la création cinématographique nationale.» lit -on en préambule. Des inquiétudes quant au flou qui entoure toujours la problématique de la suppression du Fdatic. Et de faire remarquer: «Nous avions demandé, à cette occasion, à vous rencontrer. Vos services nous ont assuré.e.s qu'une réunion serait organisée rapidement. Malheureusement, à ce jour, trois mois plus tard, aucune date de réunion ne nous a encore été communiquée, malgré de nombreuses relances de notre part.» Et d'ajouter: «Étant celles et ceux qui imaginons, racontons et mettons en scène les histoires, nous demandons à être associé.e.s aux réflexions qui concernent les perspectives d'avenir de la politique nationale du cinéma. L'avenir du cinéma algérien peut-il se faire sans ses cinéastes?».

Des questionnements sur fond d'inquiétude
Le collectif des cinéastes algériens indique en outre avoir pris acte du «communiqué du 17 août 2022, qui ne mentionne pas encore l'instauration d'un nouveau fonds public de financement.»
Et en s'adressant à la ministre de la Culture: «Cependant, vous annoncez, entre autres, la restauration provisoire de la dernière commission de lecture du Fdatic par une prolongation de son mandat, l'ouverture d'un dépôt pour de nouveaux projets et le règlement des dernières tranches de financement de certains films. Nous saluons avec un enthousiasme sincère ces annonces et le travail que vous et vos services déployez pour permettre au septième art algérien de continuer d'exister. Néanmoins, ces annonces n'éludent pas nos questionnements, déjà détaillés dans notre lettre ouverte, et soulèvent d'autres interrogations comme suit: à quelle date les films laissés en souffrance suite à la suppression du Fdatic seront-ils véritablement soldés: ceux dont toutes les tranches n'ont pas encore été réglées (dont «Akhira. La Dernière Reine» de Adila Bendimerad et Damien Ounouri, pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres)? Ceux agréés par la commission de mars 2020 et non encore ratifiés («Cigare au Miel» de Kamir Aïnouz)? Quand la prochaine commission de lecture de scénarii aura-t-elle lieu pour statuer sur les projets déjà déposés aux dernières commissions de 2021 et qui restent, à ce jour, bloqués (tels que «Roqia» de Yanis Koussim, «Poupiya» de Yacine Bouaziz, «Dactylo» de Osama Rai, parmi d'autres)? Pour combien de temps cette commission de lecture est-elle prolongée? Quand un nouveau fonds ou mécanisme de remplacement du Fdatic sera-t-il enfin instauré? De quel montant sera-t-il doté? Sans réponses tangibles à ces questions, notre cinéma ne peut pas se projeter.»

De la vitalité du 7e art algérien
Et d'indiquer à nouveau, et malgré tous les obstacles, la vitalité du cinéma algérien sur la scène internationale: «La semaine dernière encore, à la Mostra de Venise, l'un des plus grands rendez-vous du cinéma mondial, cinq ans après la sélection des «Bienheureux» de Sofia Djama et deux ans après la sélection de «Cigare au Miel» de Kamir Aïnouz, nos cinéastes ont de nouveau porté haut et fort les couleurs de notre pays et de son peuple: Damien Ounouri et Adila Bendimerad avec leur film «Akhira. La Dernière Reine» qui a été projeté en compétition officielle dans la sélection Giornate Degli Autori. Sofia Djama a eu l'honneur d'être membre du jury de la sélection Orizzonti. «Lumière noire» de Karim Bensalah a été primé cinq fois dans le cadre de l'atelier Final Cut.» Dans une ultime alerte, la lettre souligne encore son marasme de voir tout ce qi va disparaître un jour: «Notre cinéma lutte pour continuer d'exister, de manière libre, puissante, unique, comme il le fait depuis des décennies, pour raconter nos histoires, à notre façon, avec nos personnages, pour notre public! C'est pourquoi, Madame la Ministre, nous vous alertons, une nouvelle fois, sur la menace qui pèse sur le septième art algérien: huit mois après la suppression du Fdatic, si un nouveau fonds de financement public du cinéma n'est pas rapidement instauré et que les mesures annoncées ne sont pas concrétisées en étant chiffrées et datées, l'avenir du cinéma algérien se projettera sur un écran noir.» En effet, l'on se souvient au moins de juin, voire même avant, que la ministre de la Culture avait annoncé le remplacement imminent du Fdatic par un autre mécanisme de financement. Pour l'heure, rien n'est encore tangible...C'est en effet le brouillard! 

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