L'Expression

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«Si j’avais un papa...»

Le juge était bien embarrassé d’avoir en face de lui, Affène H. Un très jeune et très bel inculpé de commercialisation de stups.

L'embarras était que, Affène, lui, n'était pas du tout gêné par son défigurant statut! Le président regarda bien le jeune détenu dans les yeux. L'inculpé fit de même. On aurait dit que les deux personnes jouaient à qui battrait des cils, le premier!
Le président était décidé à trancher ce cas, car il avait devant lui, un garçon qui venait de sortir de ses 18 ans, et donc, un «gosse», avec un casier vierge, qu'il va falloir savoir prendre. «Vous voilà dans de beaux draps! Vous venez de vous tirer dans le pied, une balle de gros calibre, et vous ne savez pas ce qui vous attend! En plus, vous n'avez pas de conseil pour vous assister.
Le tribunal qui est chargé de vous juger, respecte la procédure. À ce propos, je demande si vous désirez vous faire assister par un avocat?» Le détenu répond par la négative.
«-Bien, alors allons-y! Nous savons que votre parcours à l'école s'est achevé en sixième année, que vous avez perdu vos parents à l'âge de 10 ans, que vous avez été accueilli par Hadja Messaouda G. Votre défunte tante maternelle. Nous savons aussi, que très tôt, vous aviez flirté avec la came, puis avec le tabac, pour finir avec l'autre fléau: l'alcool! Ce n'est pas trop pour le gamin que vous étiez? Je précise que vous n'aviez pas comparu devant la justice!»
La réponse du jeune homme laissa les magistrats sans voix. Follow-me! «M. le juge, si seulement, oui M. si, j'avais un papa ou un tonton comme vous, je n'aurais jamais été là, debout face à vous, avec le statut d'inculpé, à écouter vos pénibles remontrances et même vos menaces voilées!»
Le peu de monde qui était à midi trente-cinq, dans la vaste salle d'audience, à moins de sept heures de la rupture du jeûne, retenait son souffle à la suite de cette cinglante réponse de l'inculpé.
Fin psychologue, le magistrat gonfla ses joues, et dit bien haut: «Alors, allons-y sans détours voulez-vous? Plus vite, nous avancerons vers la vérité, et mieux, ce sera pour tout le monde!
Le tribunal cherche avant toute chose, la provenance du poison; ensuite, nous causerons du dealer qui vous fournissait la came...» «Non, monsieur le juge ce n'est pas vrai, c'est une invention de la...»
Le magistrat tape du poing sur le pupitre: «ça va, ça va!»
La commercialisation de stups, relève de l'article 17 qui prévoit une lourde peine de «dix (10) ans à vingt (20) ans et d'une amende de 5.000.000 DA à 50.000.000 DA!»
Le magistrat venait de tracer les grandes lignes de la marche du procès! Reprenant ses esprits, il revint aux débats pour rappeler à l'inculpé que la justice n'était nullement un «coupe-gorge» ou une machine à distribuer des peines! Il semblait prêt à tendre la perche au jeunot, surtout lorsqu'il jeta un oeil sue le poids de la came trouvé sur lui: 20 grammes invendus!!! La parquetière avait compris depuis un bon moment que le président allait être magnanime; elle réclama tout de même, 10 ans d'emprisonnement ferme, en droite ligne avec l'article 17 de la loi 04-18 du 25 décembre 2004 relative à la prévention et à la répression de l'usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. Sur le siège, le magistrat inflige une peine de 8 ans, assortie du sursis, probablement, que Ramadhan et une de ses «Clémences» avait influencé le président....

De Quoi j'me Mêle

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