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Colonisation : «Les bons comptes font…»

Ce qui suit est dédié à toutes celles et ceux qui ne savent pas ce que nos ancêtres ont enduré…

Crimes sans châtiments. Ce 66ème anniversaire du déclenchement de la Guerre de Libération nationale est l'occasion d'ouvrir un dossier mis aux oubliettes jusque-là. Quoi de mieux, pour l'éviter, que de répandre l'idée de «l'oeuvre civilisatrice de la colonisation» comme cela a été tenté au Parlement français en 2005. La loi a été rectifiée, mais les médias continuent d'entretenir cette mystification. Pour dire que la colonisation a construit des hôpitaux, des routes, des voies ferrées, des édifices administratifs, etc. etc. Ce qui n'est pas faux. Sauf qu'on oublie de dire que c'était pour son usage exclusif. Le peuple algérien était tenu à l'écart de ces réalisations. Il était maintenu dans la misère et l'esclavage pendant le siècle et demi que dura la colonisation. D'ailleurs, il a été chassé de la bande côtière désignée comme étant «l'Algérie utile» pour être repoussé vers l'intérieur du pays où la nature est plus hostile. Une partie de ce peuple a été tolérée à la périphérie des villes du Nord dans des bidonvilles, pour servir de «bras» taillables et corvéables à merci. Dockers, éboueurs, ouvriers agricoles, etc. Sans aucune couverture sociale évidemment. Au-delà de cet état de fait, le dossier d'aujourd'hui concerne les richesses que la colonisation a volées aux Algériens. Il y a d'abord les livraisons de blé aux armées napoléoniennes et qui n'ont, à ce jour, jamais été payées. D'un montant estimé à l'époque de 24 millions de francs, elles sont connues sous le nom de «créances de Bacri et Busnach» et pour avoir été le prétexte du «coup d'éventail» si tant est qu'il ait existé. Ensuite, il y a ce qui est appelé «le trésor d'Alger» constitué, d'or, d'argent et de pierres précieuses qui constituaient un stock de l'Algérie et qui fut volé par l'armée française dès la prise d'Alger. La commission installée par Bourmont (le chef de l'expédition) l'avait évalué, à l'époque, à 50 millions de francs. Bourmont en garda 5 millions et expédia le reste à bord de 5 navires en France, à l'Hôtel des Monnaies plus précisément. À ces vols s'ajoutent les détournements de nos richesses naturelles au profit des colons et de la «métropole». Il s'agit de l'exploitation des mines de fer, de zinc, de plomb, de diamants, d'or, de marbre, de sel et même de...talc. Il est facile, avec un peu de travail, d'évaluer la valeur de ces richesses volées durant un siècle et demi. Nous avons les experts pour cela. Il y a aussi cette terre algérienne si généreuse qui a permis aux colons de s'enrichir grâce au vignoble qui s'étendait sur 400.000 hectares et produisait 18 millions d'hectolitres de vin chaque année, qui étaient exportés. À multiplier toujours par 132. Il y a également les agrumes avec une production annuelle de 400 000 tonnes. Les primeurs (pomme de terre, tomate, artichaut, haricot vert, etc.) qui étaient expédiées en France et en Europe. Sans oublier la pêche qui, avec l'exportation de la crevette royale notamment, constituait une richesse qui avait nécessité la construction de 18 ports de pêche et de 40 usines de conserves. On oublie certainement d'autres détournements comme le cuir, les viandes, etc. Au milieu de toutes ces richesses, les Algériens n'avaient le droit que de se... taire. Et tant pis pour eux s'ils étaient contraints de manger des plantes sauvages (guernina). C'est du nectar de cynisme que de dire que les Algériens ont bénéficié de «l'oeuvre civilisatrice». 99% d'analphabètes en 1962. L'espérance de vie à 45 ans. La faim. Le froid. La violence. Alors dire que la colonisation a construit des hôpitaux, des routes et on ne sait quoi encore, relève de la plus grande mauvaise foi. Et si ces constructions sont toujours là, c'est, nous avons eu déjà l'occasion de le dire, parce qu'elles ne «rentraient pas dans les valises» des rapatriés. Sinon, elles auraient été emportées comme l'ont été les archives. Les plus extrémistes des colons ont même essayé la politique de la «terre brûlée». Ils avaient commencé avec la bibliothèque de la faculté d'Alger et en piégeant l'entrée de leurs appartements dans les villes. Le temps leur a manqué pour tout incendier. Et puis, il faut dire qu'entre le 19 mars 1962 et le 5 juillet, l'ALN est entrée dans les villes pour assurer l'ordre. Il devenait plus difficile à l'OAS (milice des ultras) de continuer ses actes criminels. Que dire enfin et au-delà du dossier des essais nucléaires qui font encore des victimes parmi les Algériens, de toutes ces mines antipersonnel disséminées sur des milliers de km laissées par l'armée française. Les artificiers de l'ANP ont dû les «récolter» une à une. Un travail dangereux qui a pris des décennies au cours desquelles nombre d'Algériens, des enfants surtout, y ont laissé la vie. Les plus «chanceux» y ont laissé un membre. Tout cela a un coût. Humain, moral et financier. En récapitulant, on obtient une facture «salée» qu'il serait légitime de présenter à la France. Un dossier à poser face à «l'oeuvre civilisatrice»!

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