L'Expression

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ASM Oran

À quand la résurrection?

L’ASM Oran a quelque peu perdu de son charme, laissant tout de même de mémorables souvenirs chez les férus d’un football sain.

Créée en 1933 en plein coeur de la Ville Nouvelle, M'dina J'dida. Il avait pour objectif principal d'enrôler «les indigènes» en leur offrant un cadre sportif dans lequel ils peuvent évoluer pour contrecarrer les clubs coloniaux, essaimant un peu partout dans les coins et recoins, quartiers et cités de la ville d'Oran. L'Association sportive musulmane d'Oran (ASM Oran) s'est, en un laps de temps record, frayé le chemin de la gloire et a vite fait de percer en occupant les devants de la scène sportive locale et nationale. De prime abord, son nom est, tout comme le Mouloudia Club d'Oran (MC Oran) associé à un combat et pas des moindres. Il s'agit du combat libérateur.
Les locaux de l'ASM Oran sont transformés en salles regroupant ces guerriers d'une autre race (les footballeurs) pour débattre les questions liées à battre les clubs européens et démontrer par- là même que si le football est une création européenne (anglaise pour être bien précis), il en est autrement pour ces clubs des peuples opprimés. Pour eux, le sport en général, et particulièrement le football constitue une tribune pour faire valoir les valeurs nationales, nationalistes et libératrices. Telle a été la vocation principale pour laquelle a été créé ce club n'ayant aucunement d'autre vocation hormis de représenter les populations dominées par le joug colonial.
La bête noire des colons
À cette époque, les places étaient d'autant plus chères que porter le maillot Vert et Blanc n'était pas à la portée de tous. Le postulant était appelé à faire preuve de son attachement aux valeurs nationales, les défendre bec et ongles, sans rougir ni trébucher. D'ailleurs, les joueurs d'alors constituaient la bête noire de leurs adversaires issus des milieux aisés, composés dans leur majorité de la progéniture des colons occupant les terres fertiles de Maraval, Cité Petit, Misserghine, Bir El Djir, en plus des fils des couturiers, des confectionneurs, des taverniers et des commerçants du centre- ville, appelés à l'époque au nom de «bled». En fait, un antagonisme des plus accrus opposait les clubs locaux qui formaient des générations de guerriers affirmés s'assurant au fil des jours. À M'dina J'dida, Sidi Blal ou encore à Sidi El Hasni, le nom de l'ASM Oran est intimement lié au nationalisme, tout comme dans le «village nègre» d'El Hamri où les Rouge et Blanc ont, eux aussi, affiché la couleur en s'apprêtant à en découdre à tout moment avec l'ennemi, arrogant, orgueilleux et imbu de son européanisme. À Oran, cet antagonisme n'était aucunement lié à une simple rivalité. Chacun des quartiers compte un club français et un autre local, arabe, créé pour contrecarrer l'outrance coloniale, la dénaturer et la diaboliser chez les populations locales.
Dans les années 1950, la ville d'Oran comptait, selon des historiens, plus de 150 associations sportives musulmanes, toutes investies dans le football. Certaines ont, au jour d'aujourd'hui, disparu, d'autres sont toujours en place fonctionnant dans des conditions tant bien que mal. C'est à l'image de ce club de M'dina J'dida qui a, des années durant, été financé par les commerçants de la Ville Nouvelle (M'dina J'dida), avant que le professionnalisme dérapant ne le charrie dans un précipice difficile à remonter du jour au lendemain. Pourtant, ce club qui a toujours été formateur, mérite tous les égards, tout comme l'USM Alger ou encore l'USM Bel Abbès, l'USM Annaba, la JSM Béjaïa et tant d'autres clubs dont la formation des footballeurs de haute qualité a constitué un principe incontournable dans leur politique générale. Pour exemple, le milieu de terrain de l'ASMO des années 1980, Mustapha Boukar, a terminé en apothéose sa carrière en n'ayant fait l'objet d'aucune sanction, ne serait-ce un petit avertissement fut-il. Le défunt Kaddour Mekhloufi, qui a tenté la gloire du professionnalisme dans un club français dans les années 1950, a vite fait de lâcher les couleurs coloniales de l'AS Monaco, et rejoindre à Tunis ses coéquipiers, suite à l'appel du Front de Libération nationale.
À l'indépendance, Mekhloufi rentre au bercail et reprend du service à l'USM Bel Abbès puis retourne à Oran, très précisément à l'ASM Oran. Et depuis, le club a renoué avec sa tradition l'ayant propulsé sur les devants de la scène de l'actualité sportive nationale en se taillant le titre de club formateur par excellence.
Nostalgiques d'un football sain
Malgré un début boiteux durant les premières années qui ont suivi l'Indépendance nationale, l'ASM Oran a maintenu le cap, ses dirigeants, aguerris eux aussi en résistant aux aléas imposés par la conjoncture, ont réussi à maintenir haut le club de M'dina J'dida. Cette équipe ne faisait aucunement l'ombre au MC Oran qui cartonnait. Bien au contraire. Elle fournissait des athlètes à l'intelligence footbalistique hors normes et aux conditions physiques pouvant faire trembler les défenses des grands clubs.
L'AS musulmane d'Oran prend, à partir de la restructuration du sport national à la fin des années 1970, le nom de l'Association de la chimie d'Oran, ASCO. Malgré la modification de son appellation, les Oranais maintiennent le nom de l'ASM Oran, ce dernier maintient également sa politique de formation, en plus de jouer les premiers rôles dans le Championnat national, avant qu'il ne connaisse la chute aux abysses à la faveur de l'avènement du professionnalisme n'ayant de professionnel que le nom. L'ASM Oran d'aujourd'hui peine à se rebiffer et à sortir de sa coquille dans laquelle il se retrouve otage, faute de moyens financiers et autres problèmes liés à la gestion hasardeuse. Tout comme les grands clubs qui ont d'ailleurs dégringolé brutalement aux divisions inférieures telles que l'USM Bel Abbès,
Le Mouloudia de Saïda et tant d'autres, l'ASM Oran a quelque peu perdu son charme, laissant tout de même de grands souvenirs chez ces nostalgiques d'un football sain pratiqué et géré gratuitement par les «saints tous sains» ne songeant que sainement.
À quand la relève? La résurrection du club du M'dina J'dida est tributaire d'une grande détermination laquelle porte le principe que le sport est tout d'abord sport et non pas enrichissement! 

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