L'Expression

{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

Présidentielle au Brésil

La jeunesse espère le retour de Lula

Elle est à l’avant des mouvements d’opposition au président d’extrême droite depuis la première année de son mandat.

Trois étudiantes assises à la terrasse d'un bar de Rio comptent les jours jusqu'à l'élection dimanche au Brésil et discutent de leur espoir d'un retour de Lula au pouvoir, partagé par la grande majorité de la jeunesse. Elles sont assises de manière à former un «L», signe de ralliement des Lulistes. La politique est sur toutes les lèvres dans cet établissement au grand store rouge comme la couleur du Parti des Travailleurs de l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010). Ici se retrouvent après les cours les étudiants de l'université d'Etat de Rio de Janeiro. «La dernière chose que je veux, c'est que Jair Bolsonaro soit réélu. On doit se battre pour notre avenir et pour celui de l'université», lance Letizia Corvello, une étudiante en droit de 22 ans.
La jeunesse est à l'avant des mouvements d'opposition au président d'extrême droite depuis la première année de son mandat, quand ont éclaté des manifestations contre des coupes budgétaires dans l'éducation. Par la suite, les jeunes ont protesté contre la gestion de la pandémie et les violences policières. Cette mobilisation se voit dans les chiffres: plus de 2,1 millions de jeunes âgés de 16 et 17 ans se sont inscrits pour voter dimanche, un saut de 51% par rapport à 2018, dans ce pays où le vote est facultatif pour cette tranche d'âge mais obligatoire à partir de 18 ans.
Mobilisation historique
Ces inscriptions «n'ont pas de précédent dans l'histoire du Brésil», explique à l'AFP Marco Antonio Teixeira, politologue et professeur à la Fondation Getulio Vargas. La jeunesse «a beaucoup souffert avec la pandémie, c'était le groupe le plus affecté par le chômage», et, surtout, Jair Bolsonaro a gouverné en défendant les valeurs conservatrices, ajoute M. Teixeira.
En mars 2020, le ministre de l'Education de l'époque, le pasteur Milton Ribeiro, est même allé jusqu'à qualifier les jeunes de «véritables zombies existentiels (...) qui ne croient en rien, ni en Dieu ni en la politique». Aujourd'hui, Letizia Corvello répond: «Jamais je n'aurais cru qu'il y aurait des gens avec une pensée aussi rétrograde. Bolsonaro a ouvert les portes pour que les gens puissent descendre dans la rue y défendre la violence et les discriminations.»
Les électeurs de 16 à 24 ans voteront majoritairement pour Lula: 52% pour l'ancien métallo contre 32% pour Jair Bolsonaro, selon un sondage publié jeudi soir par l'institut Datafolha. L'ex-président a fondé un système de bourses et mis en place des quotas de diversité raciale et sociale dans les universités - une politique dont les parents de ces jeunes ont souvent bénéficié. «Tout le monde sait ce qu'a fait Lula», affirme Adrianny Brasil, qui habite dans la favela de Maré de Rio. Quand elle était enfant, son école devait souvent fermer à cause de fusillades et l'université restait un rêve inatteignable pour beaucoup. «Je suis la seule habitante des favelas de mon cours de physique appliquée à la médecine. Tous les autres viennent de quartiers aisés de Rio comme Ipanema», explique cette jeune de 22 ans, qui espère que si Lula est élu, les bourses - comme celle dont elle a bénéficié - se multiplieront.
«Esclaves»
Mateus de Medeiros, 18 ans, défend également l'héritage de Lula concernant l'éducation mais regrette qu'il ne soit pas possible d'élire un candidat ni «de l'extrême droite (ni) de l'extrême gauche» dans cette élection polarisée. «J'aimerais qu'il y ait un autre candidat et qu'on n'ait pas à voter pour l'un juste pour exclure l'autre», dit à l'AFP cet étudiant en ingénierie mécanique rencontré lors du récent festival de musique Rock in Rio. Bolsonaro peut tout de même compter sur le soutien d'une partie de la jeunesse. Dans un meeting de Campinas, près de Sao Paulo, Gabriel Lira, 22 ans, affirme que beaucoup d'étudiants au Brésil sont victimes d'un «lavage de cerveau» de la part des «professeurs de gauche». «S'ils se renseignaient, ils verraient que (Lula) ressemble beaucoup (au président vénézuélien Nicolas Maduro) et aux dictateurs de gauche», estime ce jeune homme noir, employé d'une boutique.
Selon lui, Bolsonaro n'est pas raciste, malgré le fait que le président ait dit que les personnes noires se pèsent en «arrobe», une unité de mesure datant de l'époque de l'esclavage. «Il s'agit de déclarations malheureuses. S'il était vraiment raciste, il serait en train de capturer les Noirs pour qu'ils redeviennent esclaves», dit M. Lira.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours