L'Expression

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Le second souffle de l’extrême droite

Marine Le Pen a raison d'afficher son plus beau sourire. Son parti, le Rassemblement national (RN), héritier du Front national (FN) d'un certain Jean-Marie Le Pen, a rompu avec l'adversité des urnes, deux mois à peine après une présidentielle qui a consacré Emmanuel Macron pour faire barrage à la cheffe de file de l'extrême droite. Au lendemain des législatives, la voilà qui brise le plafond de verre et affiche un score jamais atteint auparavant, signe de la réelle dédiabolisation du RN. Quand elle avait pris les rênes du FN, Marine Le Pen avait, déjà, en tête cette stratégie qui consista à éliminer, pas à pas, les scories du mouvement, considéré comme infréquentable par la majorité des Français. D'élection en élection, elle a patiemment tissé la trame d'une façade plus présentable, plus avenante, plus aguichante, et son pari a rejailli sur l'image même du parti qui a progressé à une cadence autant rassurante que soutenue. Et voilà qu'aujourd'hui, elle balaie tous les sondages qui voyaient le RN flirtant avec les 15-25 sièges, tout au plus, alors qu'il en a raflé 89, au sein d'une Assemblée nationale dont les couleurs ont viré au bleu vif. En terme de rapport simple, son mouvement arrive devant la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon
(72 sièges), et c'est tout sauf banal.
Cela signifie qu'en matière de radicalisation, la France penche davantage vers l'extrême droite que vers l'extrême gauche, un constat qu'il faut néanmoins relativiser dans la mesure où l'abstention a eu, elle aussi, son record exceptionnel. Plus de la moitié des électeurs ont, en effet, tourné le dos au scrutin, montrant par-là qu'ils n'attendent strictement rien de la nouvelle législature et que, seule, les motive la lancinante question du pouvoir d'achat. Cela dit, le gain pour Mme Le Pen n'est pas seulement politique. Son parti fortement endetté va bénéficier d'une grande bouffée d'oxygène puisqu' il va récolter une manne financière inespérée, grâce à un groupe très au-dessus de celui obtenu par son père, Jean-Marie Le Pen, entre 1986 et 1988, avec 35 députés. La progression est, à tous les égards, spectaculaire. Elle est, aussi, inquiétante, dès lors qu'elle confirme la réelle montée en puissance d'une extrême droite non seulement normalisée mais aussi légitimée par une Europe de plus en plus frileuse et de plus en plus xénophobe et raciste, comme l'ont révélé au grand jour les évènements récents autour du conflit en Ukraine.

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