L'Expression

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De Bourguiba à Kaïs Saïed

«La Tunisie que nous entendions libérer ne sera pas une Tunisie pour musulmans, pour juifs ou pour chrétiens. Elle sera la Tunisie de tous ceux qui, sans distinction de religion ou de race, voudront l'agréer pour leur patrie et l'habiter sous la protection des lois égalitaires». Cette sentence a été lâchée par le père fondateur de la Tunisie moderne, Habib Bourguiba, en 1932 dans son journal, L'Action tunisienne, qu'il venait de créer avec d'autres militants de son pays. Quelle audace pour l'époque! Une doctrine à la fois révolutionnaire et moderniste. 90 ans plus tard, la Tunisie célèbre toujours l'héritage moderniste que lui a légué son président Bourguiba, disparu le 6 avril 2000. Non seulement elle le célèbre, mais elle le renforce davantage. Hier, les Tunisiens se sont rendus aux urnes pour consacrer une autre avancée, celle d'en finir avec l'amalgame entretenu par la quasi-totalité des pays arabes et musulmans par rapport au fait religieux. La nouvelle Constitution de la Tunisie ne parle pas d'un État dont la religion est l'islam, mais de l'appartenance de la Tunisie à une Oumma (nation) dont la religion est l'islam. La Oumma et l'État sont deux choses distinctes. Dans le camp islamiste d'Ennahda et même de certains partis de l'opposition, c'est la consternation. On parle d'une dangereuse dérive qui consacre tous les pouvoirs entre les mains d'un seul homme. Le fait est en réalité vrai puisque l'actuel président ne cache pas le désir d'être seul au gouvernail. Mais cela ne diminue en rien le caractère moderniste de son projet. N'oublions pas que de Bourguiba à Kaïs Saïed en passant par Ben Ali, la Tunisie a toujours évolué avec ce que de nombreux analystes appellent le syndrome autoritaire. Depuis son élection à la tête du pays, Kaïs Saïed n'a jamais été pris au sérieux. Rêveur et idéaliste pour certains, illuminé pour d'autres. Il l'a toujours dit et écrit sans qu'on y prête trop d'attention. «L'humanité est entrée dans une nouvelle étape de son histoire». Au moment où l'on attendait qu'il redescende de son nuage pour se frotter à la vraie réalité du compromis politique, Kaïs mûrit son projet de refondation de la Tunisie et entend bien s'affirmer comme le bâtisseur d'une nouvelle ère. Hier, la Tunisie a retrouvé le chemin des urnes, donc du processus démocratique. C'est tant mieux! Car plus ce voisin de l'est va mieux, plus il est stable, plus c'est mieux pour l'Algérie. On ne le dira jamais assez, la Tunisie constitue la profondeur stratégique de l'Algérie. Surtout en ces moments où tout le Sahel est redevenu un foyer incandescent d'instabilité.

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