L'Expression

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Oran d'une époque l'autre

El Bahia entre passé et présent!

Un livre précieux qui nous introduit dans les dédales de cette ville, au coeur de ses paysages architecturaux, vestiges et réalisations urbaines et culturelles à travers les temps...

Oran El Bahia n'a cesse de parler d'elle et cela ne s'arrêtera pas aux JM. Mohamed Affane est sans conteste, l'homme de l'année de par tous les investissements culturels qu'il n'arrête pas d'apporter à sa ville natale, Oran. L'homme qui a restauré la résidence familiale d'Yves Saint Laurent, construit des hôtels et des salles de spectacle vient récemment d'éditer sous le label «Editions Liberté» un beau livre intitulé «Oran d'une époque l'autre». Préfacé par Kamel Daoud que l'on ne présente plus, l'introduction à ce beau livre est signée Hassan Remaoun, socio-historien, professeur de l'enseignement supérieur, directeur de recherche associé et conseiller scientifique au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) et membre du comité scientifique de la revue «Insaniyat». Il est auteur aussi de plusieurs ouvrages historiques. À noter que les nombreuses photos qui agrémentent ce livre sont signées Aïcha el Bahar. Elles sont accompagnées de textes de trois auteurs différents.
On citera Azeddine Benyakoub, chercheur indépendant en anthropologie, Abdelhak Abdeslam, économiste de formation et guide touristique et enfin Massinissa Ourabah, responsable de l'antenne de l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés (OGEBC) de la wilaya d'Oran, et animateur radio spécialisé dans le patrimoine oranais. Mais avant tout, lorsqu'on ouvre le livre, c'est le mot de Mohamed Affane qui apparait en premier, soulignant ainsi les raisonsde ce livre: «Pourquoi publier cet ouvrage aujourd'hui? Pourquoi envisager de publier plus tard d'autres beaux livres évoquant différentes facettes de la ville d'Oran? la réponse est toute simple: «Nous voulons par ce geste exercer notre part de citoyenneté.
Les Edtions Liberté s'inscrivent,en effet,dans cette démarche citoyenne pour montrer qu'il est possible de penser la culture autrement, qu'il est possible de changer la donne et ranimer le désir de l'Oraais et sa soif de culture, de faire en sorte qu'il se remette en quête des joies et des bonheurs ordinaires.». Et d'ajouter: «Ce projet et ceux à venir montreront la beauté de la ville, ses ressources créatrices, son aura, ils les inscriront dans le marbre de l'histoire et de la culture universelle.» Et de conclure: «En faisant découvrir Oran par ses enfants, nous ne faisons que rendre hommage à cette ville qui mérite bien plus.

Ce corps rêvé qu'est Oran
Oran fut pur nous la première pulsion, elle est devenue au fil du temps une passion. Et celle passion, nous voudrions la vivre. La partager.».
Dans la préface, signée par un autre fils d'Oran, à savoir le grand écrivain et journaliste Kamel Daoud, ce dernier décrit son attachement viscéral à cette ville qu'il compare tantôt à une femme, à un corps, une ville dont il a toujours rêvée de dessiner la carte...
Une ville dans laquelle il s y enracinera en 1989 pour faire ses études et finit par s y domicilier, épris qu' il était pour cette ville qui inspire des livres..Une ville qui, convoquant au début ses «peurs», colères» et préjugés», mais qu'il finira par «construire dans ses rêves, mur par mur, quartier par quartier, visage par visage, jardin par jardin, vidant la mer pour la déverser dans mes songes, transformant son labyrinthe en découvertes, reconstituant son histoire avec des couleurs et des anecdotes. Je veux dire qu'il m'a fallu des années pour l'arracher à ma peur et la restaurer dans mon amour» confie-t-il, non sans comparer cette «carte» Oran au corps de chacun, tout en finissant par avouer qu'il rêvait qu' «Oran soit mon propre corps» conclut -il. Pour sa part, Hassan Remaoun s'est employé dans sa présentation à «revenir sur l'histoire complexe et mouvementée de la ville, des origines à nos jours, en tentant de déceler les interférences qui l'animent entre «dynamiques locales» et «dynamiques globales». Aussi il évoquera la préhistoire et l'Antiquité dans la région, marquée, entre autres, par les civilisations maghrébines et méditerranéennes, les chroniqueurs et géographes maghrébins et son dynamisme économique au Moyen Age, évoquera aussi Oran et le Maghreb face à la poussée européenne de la fin du Moyen Age: le passage d'une époque à une autre, Oran et Mers-El-kebir, présides majeurs, de l'occupation espagnole à l'occupation française, et les deux intermèdes ottomans, le nouveau basculement du monde, la méditerranée et l'arrivée des français en Algérie et à Oran..Oran et l'Algérie de 1830 à nos jours.
L'introduction s'achève par cette partie baptisée «ruptures, continuité, identité et universalité dans une cité plus que millénaire».

Un trésor de patrimoine et des chantiers
Aussi, le livre s'ouvre par l'époque préhistorique (islamo-berbere, espagnole, ottomane, française et post-indépendance). On y découvre des grottes, des objets préhistoriques, des vestiges et pièces de monnaies. Chaque chose est expliquée en menus détails. Dans l'époque islamo-berbère on y découvre aussi en photo le palais rouge (les donjons rouges), la Casbah...L'époque espagnole ou la ville fortifiée nous plonge quant à elle dans la prise de Mers-el kebir, la prise d'Oran, les fortifications, notamment de la porte santon, le front Santa Cruz,; la chapelle Notre6-Dame du salut, l'anse du Murdjadjo, le tambour San José, la porte d'Espagne..l'époque ottomane (une longue conquête) est dévoilée à travers Dar el agha, le palais du Bey, la mosquée du Pacha, la mosquée du Bey Othman ou Mohamed-Othman-Bey El-kébir, les bains turcs etc...l'époque française (bouleversements d'une ville durant la période coloniale) est illustrée pour sa part, par des photos de sceaux de la mairie française qui dénote de sa forte présence durant cette période, des photos de cette marie sont également visibles, mais aussi la cathédrale du Sacré Coeur, la gare ferroviaire, les arènes, la maison du colon (ou maison de l'agriculture), le musée national Ahmed Zabana, l'opéra, aujourd'hui, théâtre Abdelkader Alloula.
L'époque post-indépendance (une croissance à toute vitesse) évoque le lancement des grands travaux enclenchés après la guerre d'indépendance, le tramway, les différents aménagements urbains, le nouvel aéroport Ahmed Ben Bella mais aussi la réhabilitation et la modernisation de l'ancienne structure de l'aéroport. Il y a lieu de citer aussi l'université des sciences et technologie d'Oran, la mosquée Malek Ibn anas, la grande mosquée Ibn Badis, la nouvelle route du port, le Village méditerranéen qui fait suite aux Jeux méditerranéens d'Oran 2022. Le livre se clôt sur les images du café-théâtre, le premier théâtre privé en Algérie d'une capacité de 120 places, ouvert en mars 2021 sur initiative, d'ailleurs de Affane. «Son promoteur, l'ensemble hôtelier Liberté, veut en faire un pole d'excellence dans le domaine des diverses expressions artistiques. Sa vocation première est d'encourager, de promouvoir les jeunes talents en herbe et de réconcilier les publics avec leur patrimoine culturel» peut on lire.
Une initiative à saluer tout comme celles qui arrivent! Notons que dans la même dynamique, un projet adjacent a vu le jour: la fondation d'une académie de musique dont la direction est confiée au maestro Amine Kouider...to be continued!

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