L'Expression

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Philippe Faucon de La Trahison à Harkis

Après La Trahison (2005) tourné en Algérie, sur l'histoire d'une chronique de la désillusion d'un lieutenant français pendant la guerre d'Algérie (1954-1962), le réalisateur français, Philippe Faucon, revisite les dernières années du conflit avec Les Harkis, présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. Le film explore le sentiment d'abandon qui s'empare des Algériens, engagés aux côtés de l'armée française. Les harkis vont se retrouver pris en étau, entre les deux feux, alors que les négociations en vue d'un cessez-le-feu ont commencé et que se profile l'indépendance de l'Algérie. Fin des années 50, début des années 60, la guerre d'Algérie se prolonge. Salah, Kaddour et d'autres jeunes Algériens sans ressources rejoignent l'armée française en tant que harkis. Á leur tête, le lieutenant Pascal. Le sort des harkis paraît très incertain. Pascal s'oppose à sa hiérarchie pour obtenir le rapatriement en France de tous les hommes de son unité. Les harkis tentent d'expliquer la complexité des relations humaines qui se nouent à l'intérieur de l'unité sous le commandement du lieutenant Pascal (Théo Cholbi).
Ces jeunes hommes, Salah (Mohamed Mouffok) et Kaddour (Amine Zorgane), quittent leur village, parfois leur femme et leurs enfants, pour rejoindre malgré eux l'armée française. Ils ne savent pas vraiment ce qui les attend, et tout le récit se nourrit de ces non-dits conjugués à la propagande coloniale. Philippe Faucon livre un journal précis, daté de trois années de lutte, de négociations et de tractations de l'armée française, vues depuis le petit contingent, sans jamais se perdre dans l'événementiel ou la reconstitution d'une bataille. Tourné au Maroc, c'est là où est né le réalisateur en 1958 à Oujda, au nord-est du Maroc. Fils de militaire, Philippe Faucon a une histoire personnelle avec ce conflit qui suscite toujours des débats virulents. Plusieurs tentatives ont été réalisées entre autres, Le Petit Soldat (1963), de Jean-Luc Godard, ou Avoir 20 ans dans les Aurès (1972), de René Vautier. En travaillant sur Les Harkis, Philippe Faucon a gardé en mémoire cette phrase prononcée par un homme ayant vécu cette tragédie: «La page de la guerre d'Algérie ne doit pas être arrachée, mais il faut trouver à la tourner.» Philippe Faucon a beau s'attaquer aux questions parmi les plus épineuses du débat national, l'immigration, les discriminations, le post colonialisme, etc. Le cinéaste ne signe jamais des oeuvres à sujet. Il fait du cinéma, souvent avec des non-professionnels, cherchant avec eux quelque chose d'unique, venu de l'intérieur, susceptible d'être porté à l'écran. Ce réalisateur travaille sur des sujets complexes et révèle des portraits sensibles de personnages que la société efface souvent derrière des catégories: des adolescents des quartiers nord (Samia, 2000), des jeunes radicalisés (La Désintégration, 2011), une femme de ménage (Fatima, 2015), un ouvrier de chantier (Amin, 2018). 

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