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Le documentaire qui remet en mémoire la guerre d'Algérie

Quoi de mieux que les héritiers de la guerre pour raconter une histoire, qui sera crédible aux yeux de l'opinion et de la profession. C'est ainsi que durant la période de célébration des accords d'Évian, un film a fait la différence.
En effet, après avoir obtenu le prix Bouamari-Vautier, lors d'une cérémonie organisée à l'Institut du Monde arabe à Paris, le documentaire Ne nous racontez plus d'histoire! coréalisé par Ferhat Mouhali et Carole Filiu Mouhali vient d'être récompensé au Fifdh, Festival du film et Forum international sur les droits humains qui s'est tenu à Genève début mars. Il faut dire que le prix Bouamari-Vautier organisé par l'association France-Algérie, porte le nom de deux prestigieuses personnalités qui ont marqué le cinéma algérien, Mohamed Bouamari (1941-2006), acteur et réalisateur ayant signé des films comme Le charbonnier, À l'ombre des remparts ou encore Nuité, et René Vautier (1928-2015), cinéaste français et militant anticolonialiste engagé pour la cause algérienne à travers ses films comme Afrique 50, premier film anticolonialiste français diffusé clandestinement, Une nation l'Algérie, Un peuple en marche, ou encore Avoir vingt ans dans les Aurès.
Le documentaire Ne nous racontez plus d'histoire! a étè coréalisé par un couple franco-algérien, elle, fille de pied-noirs (colon français qui ont dû fuir l'Algérie à l'indépendance), lui Algérien issu d'une famille de combattants du FLN. «On a grandi chacun, en France (pour moi), et Ferhat en Algérie et où il y a des discours à l'école, dans l'espace public qui sont très différents et, en fait, l'objectif du film, c'est de remettre en cause et de déconstruire tout ce que l'on a reçu durant notre enfance et lorsqu'on a grandi pour construire autre chose en fait, pour rencontrer ces témoins, aller à la découverte de lieux, de nouvelles mémoires. Il y a 60 ans, le 18 mars 1962, les accords d'Évian mettaient fin à la guerre d'Algérie qui ne disaient pas son nom du côté français et qui a été glorifé depuis l'indépendance du côté algérien.
Le film confronte le passé à la réalité des faits. Une oeuvre de mémoire qui permet de lever les antagonismes profonds entre les deux pays. Dans le mensonge ou le silence, il y a toujours un jour où la vérité ressort en fait. Nous, c'est ce que l'on a senti, que cela soit du côté algérien ou du côté français avec les problématiques, qu'elles soient politiques dans la société française ou la société algérienne, on ne peut pas (avancer) sans vraiment connaître le passé, connaître l'histoire, et parler du passé en fait.»
Le film est un rare exemple de dialogues entre les deux rives de la Méditerranée, loin des discours politiques officiels. Un aller-retour, France - Algérie, qui permet d'entendre les vérités de chacun et d'apaiser les ressentiments pour les générations futures.

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