L'Expression

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Les jeux de simulacre

La volte-face du président du MSP, M.Boudjerra Soltani fait penser à ce que l´universitaire Ahmed Cheniki résume par l´expression «simulacre de la vie politique algérienne». Il veut parler de cette habitude d´employer des formules toutes faites et qui obéissent à l´air du temps et à la mode, sans emprise sur le réel.
Il a été de bon ton d´ajouter sa voix à toutes celles qui ont glosé sur la corruption, surtout après tous les scandales bancaires et autres qui ont défrayé la chronique, en y mettant un dièse pour muscler le propos. En déclarant avec tambours et trompette détenir des dossiers sur de hauts responsables de l´Etat, M.Boudjerra a placé la barre un peu haute. On se souvient qu´il était parti d´une idée tout à fait simple, celle de la déclaration de patrimoine. M.Soltani avait affirmé que cette formalité était inutile, puisque les responsables ont des biens qu´on ne peut comptabiliser, puisqu´ils utilisent des prête-noms; et dans son élan, il en est arrivé à dire que tout le monde ou presque est corrompu, en laissant entendre que ce phénomène est devenu, au fil du temps, mais surtout ces dernières années, un sport national. N´eût été la volée de bois vert que lui a envoyée le chef de l´Etat lors de la rencontre gouvernement-walis, on aurait gaussé dans les chaumières sur cette banalisation de la corruption.
Or le fait que M.Soltani ait été mis en demeure de fournir ses dossiers à la justice a changé la donne: maintenant, on ne se contente pas d´en parler, on passe à l´acte. Or, direz-vous et vous aurez certainement raison, ce n´est pas la première fois qu´en Algérie un dossier ouvert soit refermé sans suite.
Là, dirait toujours Ahmed Cheniki, on quitte le terrain du modéliste, qui vous fait un costume sur mesure, pour entrer dans le magasin de celui qui fait dans le prêt-à-porter. Les formules toutes faites, le conformisme. Néanmoins, il y a une personnalité politique algérienne qui déroute, parce que, justement, elle ne fait pas dans le prêt-à-porter.
Il s´agit de Mme Louisa Hanoune. La dernière décision du PT de s´allier au FLN pour les sénatoriales pose beaucoup de questions et soulève beaucoup de lièvres, d´autant plus, qu´apparemment, les législatives ne sont pas concernées par une telle alliance FLN-PT. Lorsqu´on regarde le tableau de bord de chacune des deux parties, on ne trouve pas grand chose de commun. Après avoir dirigé le pays en solo pendant trente ans, en appliquant un programme populiste, le FLN est devenu plus réaliste et s´est rallié à l´idée de l´économie de marché, alors que le PT campe sur des positions radicales pour la défense tous azimuts du secteur économique étatique. Où sont donc les points de convergence entre les deux partis?
Il est vrai que l´actualité nous a habitués à des retournements de situation et à des alliances parfois contre nature, mais il est fort, à parier, que le PT et le FLN trouveront bien un terrain d´entente et des sujets de convergence, toutes langues de bois mises à part, et toutes pensées prêt-à-porter exclues!

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